Nichée dans la préfecture d’Oita sur l’île de Kyushu, Beppu s’impose comme une destination thermale d’exception où la nature géologique révèle ses secrets les plus spectaculaires. Cette ville remarquable concentre plus de 2 516 sources chaudes naturelles, soit le plus grand nombre au Japon, créant un paysage urbain unique ponctué de panaches de vapeur qui s’élèvent depuis le sol. L’activité volcanique intense de la région a façonné un écosystème thermal extraordinaire, où les températures peuvent atteindre 150°C dans certains bassins géothermiques. Cette concentration exceptionnelle de phénomènes naturels fait de Beppu un laboratoire vivant pour comprendre les mécanismes hydrothermaux et leurs applications thérapeutiques ancestrales.
Géologie volcanique et formation des sources thermales de beppu
La géologie complexe de Beppu résulte d’une interaction fascinante entre plusieurs systèmes volcaniques actifs qui créent les conditions idéales pour le thermalisme. Cette région se situe au cœur de l’arc volcanique de Kyushu, une zone géologiquement active où les plaques tectoniques Eurasienne et Philippine se rencontrent. Cette convergence génère une activité magmatique intense qui alimente en permanence les systèmes hydrothermaux souterrains. Le substrat rocheux, composé principalement de roches volcaniclastiques et de formations sédimentaires, facilite la circulation des eaux souterraines vers les chambres magmatiques profondes où elles se réchauffent avant de remonter à la surface.
Activité géothermique du mont tsurumi et caldeira de beppu
Le mont Tsurumi, culminant à 1 375 mètres d’altitude, constitue le moteur principal de l’activité géothermique de Beppu. Ce stratovolcan actif abrite un complexe de dômes de lave qui maintiennent une chaleur résiduelle considérable dans les formations géologiques environnantes. La caldeira de Beppu, formée il y a environ 60 000 ans lors d’une éruption majeure, crée une dépression topographique favorable à l’accumulation des eaux météoritiques qui alimentent le système hydrothermal.
Les études géophysiques révèlent la présence d’une chambre magmatique active située entre 3 et 6 kilomètres de profondeur sous la ville. Cette source de chaleur maintient des gradients géothermiques exceptionnellement élevés, atteignant 60°C par kilomètre de profondeur contre 25°C en moyenne dans les régions non volcaniques. L’interaction entre cette source de chaleur et les aquifères superficiels génère un flux thermique de 12 000 kW, alimentant en permanence les nombreuses sources de la région.
Composition minérale des eaux thermales : sulfure, fer et bicarbonate
L’analyse hydrochimique des eaux thermales de Beppu révèle une composition minérale exceptionnellement riche et variée. Les concentrations en sulfure d’hydrogène, responsables de l’odeur caractéristique d’œuf pourri, atteignent jusqu’à 15 mg/L dans certaines sources. Ces composés sulfurés résultent de la réduction bactérienne des sulfates en milieu anaérobie à haute température. Le fer dissous, présent sous forme de sulfate ferrique, confère aux eaux leur couleur rougeâtre caractéristique et leurs propriétés thérapeutiques reconnues.
Les bicarbonates, dont la concentration varie entre 300 et 2 000 mg/L selon les sources, proviennent de l’interaction prolongée entre les eaux souterraines et les roches
carbonatées du socle. Elles participent à la légère effervescence que l’on perçoit parfois dans certains bassins de Beppu et jouent un rôle tampon sur le pH des eaux. En fonction de la dominance relative du soufre, du fer ou des bicarbonates, les onsen de Beppu peuvent ainsi présenter des teintes bleutées, laiteuses ou rouge brique, mais aussi des effets distincts sur la peau, la circulation sanguine ou les voies respiratoires.
Mécanismes de circulation hydrothermale souterraine
En profondeur, l’eau de pluie infiltrée circule à travers un réseau complexe de fractures, de failles et de niveaux poreux, un peu comme dans un gigantesque échangeur souterrain. En descendant vers les zones proches du magma, cette eau se réchauffe, se charge en gaz (CO2, H2S) et en minéraux dissous, puis remonte par convection naturelle là où les structures géologiques le permettent. Les études de traçage isotopique montrent que ce « circuit » complet peut durer de quelques dizaines à plusieurs centaines d’années selon la profondeur et la perméabilité des roches.
À l’approche de la surface, la pression diminue et une partie de l’eau passe à l’état de vapeur, provoquant les fumerolles et jets de vapeur emblématiques de Beppu. C’est ce mélange eau-vapeur qui, en se décomprimant brutalement dans des conduits étroits, génère parfois des geysers spectaculaires comme à Tatsumaki Jigoku. Pour l’observateur, tout semble spontané, mais derrière chaque source ou bassin bouillonnant se cache en réalité une véritable « plomberie » naturelle, entretenue par la dynamique tectonique et volcanique régionale.
Classification des onsen selon la température et ph
Sur le plan scientifique, les onsen de Beppu se classent d’abord selon leur température. On distingue généralement les sources tièdes (25–34°C), les sources chaudes (35–42°C), idéales pour le bain prolongé, et les sources très chaudes (au-delà de 42–45°C), souvent réservées aux bains de courte durée ou à des usages spécifiques comme la cuisson à la vapeur. Les fameux « enfers » (jigoku) dépassent largement ces valeurs, avec des températures de 90 à plus de 100°C, expliquant qu’ils soient strictement contemplatifs.
Le pH constitue l’autre critère majeur de classification. À Beppu, on trouve des eaux légèrement acides (pH 5–6), réputées pour resserrer les pores et adoucir la peau, mais aussi des eaux neutres à très légèrement alcalines (pH 7–9) plus douces pour un usage quotidien. Certaines sources sulfurées présentent un pH plus acide qui peut irriter les peaux sensibles en cas de bain prolongé. Pour tirer pleinement parti des bienfaits des onsen de Beppu, il est donc utile de vérifier, sur place, la température et le type d’eau indiqués à l’entrée de chaque établissement, afin d’adapter la durée et la fréquence de vos bains.
Jigoku meguri : exploration des enfers bouillants emblématiques
Le circuit des « enfers » de Beppu, le célèbre Jigoku Meguri, constitue l’une des expériences les plus marquantes pour appréhender la puissance de la géothermie locale. Ces sept sources spectaculaires, trop chaudes pour la baignade, se visitent comme un parcours d’interprétation à ciel ouvert sur les phénomènes hydrothermaux. Chacun de ces enfers met en scène une combinaison singulière de température, de couleur, de gaz dissous et de minéraux précipités, offrant un panorama didactique pour quiconque s’intéresse à la géologie autant qu’aux paysages insolites.
Umi jigoku et ses bassins cobalt aux propriétés sulfureuses
« Umi Jigoku », littéralement « l’enfer de la mer », doit son nom à la couleur bleu cobalt intense de son vaste bassin principal. Cette teinte n’est pas due à un colorant artificiel, mais à l’interaction entre la lumière et une eau hautement minéralisée, enrichie en sulfate de fer et en silice colloïdale. À près de 98°C, l’eau y est en ébullition permanente, libérant de fines vapeurs sulfureuses caractéristiques des sources riches en H2S.
Autour du bassin principal, un jardin soigneusement aménagé illustre l’influence du microclimat chaud et humide créé par la source. Nénuphars géants, plantes tropicales et palmiers prospèrent grâce à la chaleur géothermique, offrant un contraste saisissant avec la violence invisible du système hydrothermal sous-jacent. Pour les visiteurs, un bassin de pieds et quelques petits bains annexes, alimentés par la même source mais refroidis, permettent de ressentir en douceur les effets de cette eau sulfureuse sans s’exposer aux températures extrêmes.
Chinoike jigoku : analyse des sédiments d’oxyde de fer rouge
« Chinoike Jigoku », « l’enfer de l’étang de sang », est sans doute le plus spectaculaire visuellement. Sa couleur rouge brique provient d’une forte concentration d’oxydes de fer et d’argiles ferrugineuses en suspension dans l’eau et déposées au fond du bassin. Sous l’effet des températures élevées, avoisinant les 78–90°C, le fer ferreux (Fe2+) s’oxyde en fer ferrique (Fe3+), précipitant sous forme d’hématite et de goethite qui confèrent à l’ensemble cet aspect de magma figé.
Ces sédiments riches en fer ne se contentent pas de colorer l’eau : ils sont historiquement utilisés pour leurs vertus médicinales locales. Sous forme de pommades ou de poudres, ils sont réputés pour soulager certaines affections cutanées et troubles circulatoires. Aujourd’hui, l’extraction est strictement encadrée afin de préserver l’intégrité du site, mais vous trouverez sur place des produits dérivés issus de cette tradition. En observant les berges de Chinoike Jigoku, on distingue parfois des couches successives d’argile rouge, véritables archives naturelles de l’activité hydrothermale passée.
Tatsumaki jigoku et phénomènes de geyser intermittent
Situé non loin de Chinoike, « Tatsumaki Jigoku » se distingue par son geyser intermittent qui entre en éruption toutes les 30 à 40 minutes. Le mécanisme, bien que spectaculaire, repose sur un principe physique relativement simple : l’eau surchauffée, confinée dans un conduit étroit en profondeur, reste liquide au-delà de 100°C sous l’effet de la pression. Lorsque des bulles de vapeur se forment et remontent, la pression interne chute brutalement, provoquant une vaporisation explosive de l’eau et un jet vertical pouvant atteindre plusieurs mètres de haut.
Pour des raisons de sécurité, le site a été aménagé avec un muret rocheux qui limite la hauteur de la colonne d’eau, mais permet tout de même de ressentir la puissance thermique dégagée. En assistant à plusieurs cycles d’éruption, on perçoit la régularité presque « respiratoire » du geyser, comparable à un soupir régulier de la croûte terrestre. Ce type de phénomène est rare au Japon, ce qui fait de Tatsumaki Jigoku un point d’observation privilégié pour comprendre la dynamique des systèmes de geyserisation.
Shiraike jigoku : formations calcaires et thermalisme blanc
À Shiraike Jigoku, « l’enfer de l’étang blanc », le spectacle tient davantage à la texture et à l’opacité de l’eau qu’à sa couleur. Le bassin principal présente une eau laiteuse, d’un blanc bleuté, liée à une forte teneur en silice dissoute et en carbonates de calcium. En refroidissant au contact de l’air, ces minéraux précipitent en microcristaux en suspension, donnant cet aspect opalescent caractéristique des sources siliceuses.
Avec une température de près de 95°C, Shiraike Jigoku offre aussi un aperçu intéressant des processus de formation de dépôts calcaires. Autour des bordures du bassin se développent de fines concrétions et terrasses blanches qui rappellent, à échelle réduite, les travertins observés dans d’autres régions volcaniques du monde. Les bassins secondaires, parfois utilisés pour abriter des poissons tropicaux grâce à un système de refroidissement, illustrent comment la chaleur géothermique peut créer des niches écologiques inattendues dans un environnement a priori hostile.
Complexes de bains thermaux traditionnels et modernes
Au-delà des enfers purement contemplatifs, Beppu se distingue par une remarquable diversité de complexes de bains où l’on peut réellement profiter des bienfaits des sources chaudes. Des établissements municipaux centenaires aux ryokan de luxe avec bains privés en plein air, la ville décline le thermalisme sous toutes ses formes. Cette variété reflète l’évolution du rapport des Japonais à l’onsen : d’abord outil de survie et de thérapie pour les communautés locales, il est devenu progressivement une composante majeure de la culture du bien-être et du tourisme.
Dans le centre-ville, des bains historiques comme Takegawara Onsen proposent une expérience authentique à prix modique, avec de simples bassins alimentés en continu par l’eau de source. En parallèle, de grands hôtels balnéaires situés en bord de mer ou sur les hauteurs rivalisent d’inventivité avec des piscines à débordement, des bains panoramiques et des espaces bien-être intégrant sauna, massages et soins du corps. Quelle approche privilégier si vous venez à Beppu pour la première fois ? L’idéal reste de combiner, sur deux ou trois jours, un bain public traditionnel et un séjour dans un ryokan afin de comparer les ambiances et les rituels.
Beppu Hatto, l’ensemble des huit zones thermales de la ville (Beppu, Kannawa, Myoban, Kankaiji, Horita, Hamawaki, Kamegawa et Shibaseki), permet de découvrir une grande variété de types d’eaux et de cadres. Certaines zones, comme Kannawa ou Myoban, conservent une atmosphère de village thermal avec ruelles pavées, bâtiments en bois et panaches de vapeur s’échappant du sol. D’autres, plus urbaines, misent sur la facilité d’accès et la proximité de restaurants ou de centres commerciaux. Pour optimiser votre séjour, il est judicieux de choisir un hébergement à proximité de la zone qui vous attire le plus, puis d’explorer les autres secteurs en bus ou en taxi.
Phénomènes géothermiques uniques : sables chauds et vapeurs naturelles
La richesse géothermique de Beppu ne se limite pas aux bassins d’eau chaude. La même énergie qui fait bouillir les enfers se manifeste aussi à travers des plages de sable chauffées naturellement, des salles de vapeur directement creusées dans le sol et des cuisines entières alimentées par la vapeur des sources. Ces usages ingénieux rappellent à quel point les habitants ont su intégrer, au fil des siècles, la géothermie dans leur quotidien, bien avant que le terme même ne soit popularisé.
Takegawara onsen et technique de suna-yu thérapeutique
Parmi les expériences les plus étonnantes de Beppu figure le suna-yu, le bain de sable chaud. Au Takegawara Onsen, établissement emblématique datant de la fin du XIXe siècle, le sol de la plage attenante est chauffé naturellement par la circulation de vapeurs et d’eaux souterraines. Les visiteurs s’allongent en yukata sur le sable, avant d’être doucement recouverts jusqu’aux épaules par une couche de sable chaud à environ 50–55°C, pour une durée de 10 à 15 minutes.
Physiologiquement, ce bain de sable agit comme un sauna sec localisé : la chaleur uniforme stimule la circulation sanguine, favorise la sudation et peut soulager les tensions musculaires et articulaires. Contrairement à un bain d’eau chaude, le cœur est moins sollicité, car la pression hydrostatique est inexistante, ce qui en fait une alternative intéressante pour certains profils. Vous vous demandez si l’on ne se sent pas étouffé sous tout ce sable ? La sensation est en réalité proche d’une couverture très lourde, et le personnel veille constamment à votre confort, prêt à écourter la séance si la chaleur devient trop intense.
Kannawa district : utilisation de vapeur géothermique pour la cuisson
Dans le quartier de Kannawa, la vapeur qui s’échappe du sol n’est pas seulement un décor : elle est littéralement au cœur de la cuisine locale. La technique du jigoku-mushi, « cuisson à la vapeur des enfers », consiste à placer légumes, fruits de mer, œufs ou viandes dans de grands paniers métalliques suspendus au-dessus de bouches de vapeur à plus de 100°C. En quelques minutes, les aliments sont cuits à cœur, sans matière grasse, en conservant une grande partie de leurs nutriments et en s’imprégnant légèrement des minéraux de la source.
Des installations comme Jigoku Mushi Kobo permettent à chacun de tester cette méthode, soit en apportant ses propres ingrédients, soit en choisissant des plateaux déjà préparés. C’est un peu comme si vous utilisiez un gigantesque cuiseur vapeur alimenté directement par les entrailles de la Terre. D’un point de vue scientifique, cette utilisation directe de la vapeur géothermique présente un excellent rendement énergétique : aucune conversion en électricité ou en autre forme d’énergie n’est nécessaire, ce qui en fait un exemple emblématique de valorisation locale des ressources naturelles.
Myoban district : cristallisation naturelle d’alun volcanique
Le district de Myoban, situé sur les hauteurs de Beppu, est célèbre pour ses huttes en paille appelées Yunohana Goya, où se forme naturellement un type d’alun volcanique. Sous chaque hutte, des vapeurs riches en sulfates et en vapeur d’eau traversent un lit d’argile bleutée. Au fil des jours, l’évaporation lente de cette eau saturée provoque la cristallisation de sels blancs, les yunohana (« fleurs d’eau chaude »), utilisés depuis l’époque d’Edo comme sels de bain pour adoucir l’eau et soulager les maux de peau.
Ce processus, entièrement passif, illustre de façon presque pédagogique la chimie des solutions saturées : à mesure que l’eau se vaporise, la concentration en ions dissous augmente jusqu’à dépasser le seuil de solubilité, entraînant la précipitation des cristaux. Les visiteurs peuvent observer les huttes en fonctionnement, acheter des sachets de yunohana et, bien sûr, se baigner dans les onsen environnants alimentés par ces mêmes sources sulfurées. C’est aussi à Myoban que l’on trouve certains des bains extérieurs les plus photogéniques de Beppu, avec une eau bleu laiteux tranchant sur la végétation environnante.
Écosystème thermal et biodiversité adaptée aux hautes températures
À première vue, les bassins à 90 ou 100°C des enfers de Beppu semblent totalement inhospitaliers. Pourtant, ces environnements extrêmes abritent une microfaune et une microflore spécialisées. Des bactéries thermophiles et hyperthermophiles prospèrent dans ces conditions, tirant leur énergie non pas de la lumière, comme les plantes, mais de réactions chimiques impliquant le soufre, le fer ou d’autres minéraux dissous. Certaines de ces espèces appartiennent aux genres Thermus ou Sulfolobus, bien connus des microbiologistes pour leurs enzymes stables à haute température.
Ces micro-organismes jouent un rôle écologique clé dans le recyclage des éléments et la formation de minéraux secondaires. En oxydant ou en réduisant le soufre et le fer, ils contribuent par exemple à la coloration des dépôts autour des fumerolles, aux croûtes jaunâtres ou orangées que l’on observe sur les roches. Les biofilms qu’ils forment peuvent également servir de support à d’autres organismes plus tolérants, comme certaines algues ou champignons microscopiques qui colonisent les zones un peu moins chaudes en périphérie des bassins.
La transition entre les zones bouillantes et l’environnement plus tempéré alentour crée une mosaïque d’habitats où la température, le pH et la composition chimique varient sur quelques mètres seulement. Cette « marche » thermique favorise une biodiversité surprenante, allant des communautés microbiennes spécialisées aux plantes hydrophiles, en passant par des insectes et amphibiens qui exploitent les bords tièdes des canaux d’évacuation. Pour les scientifiques, Beppu offre ainsi un terrain d’étude unique sur l’adaptation au stress thermique et sur les origines possibles de certaines formes de vie extrémophiles.
Impact économique du thermalisme sur l’industrie touristique d’oita
Le thermalisme constitue l’un des piliers économiques de la préfecture d’Oita, et Beppu en est la vitrine la plus emblématique. Avant la pandémie de COVID-19, la ville accueillait chaque année plusieurs millions de visiteurs, japonais et étrangers, attirés par ses onsen, ses paysages de vapeur et ses expériences culinaires originales. Même si les chiffres ont fluctué ces dernières années, la reprise progressive du tourisme international confirme le rôle central de Beppu dans la stratégie touristique de Kyushu et du Japon dans son ensemble.
L’impact économique du thermalisme se mesure bien au-delà des seules entrées dans les bains. Les hébergements (hôtels, ryokan, auberges familiales), la restauration, les transports locaux et les commerces de souvenirs dépendent étroitement de cette attractivité. De nombreux emplois directs et indirects sont ainsi liés à la gestion des sources, à l’entretien des infrastructures et à l’accueil des visiteurs. À l’échelle d’Oita, le thermalisme contribue aussi à maintenir une activité dans des zones rurales qui auraient autrement tendance à se dépeupler, en offrant des débouchés aux producteurs locaux (légumes, bœuf, produits de la mer) et aux artisans.
Sur le long terme, la principale question pour les acteurs locaux est celle de la durabilité : comment accueillir toujours plus de visiteurs sans épuiser la ressource ou dénaturer les quartiers historiques ? Des mesures de régulation des débits, de surveillance de la qualité de l’eau et de rénovation des réseaux sont progressivement mises en place pour préserver le capital géothermique de Beppu. Pour vous, voyageur, cela se traduit par une invitation implicite à adopter un tourisme responsable : respecter les règles des bains, privilégier les établissements qui valorisent les ressources locales et éviter la sur-fréquentation des sites aux heures de pointe. Ainsi, la « capitale des sources thermales » pourra continuer longtemps à conjuguer bien-être, science et paysages insolites.
