# Comprendre les étiquettes alimentaires japonaises : allergènes, dates et ingrédients
Lorsque vous vous rendez au Japon pour un voyage ou un séjour prolongé, la lecture des étiquettes alimentaires peut rapidement devenir un défi majeur, particulièrement si vous souffrez d’allergies ou suivez un régime alimentaire spécifique. Le système d’étiquetage japonais, bien que rigoureux et normalisé, utilise une nomenclature et des caractères qui peuvent sembler déconcertants pour les non-initiés. Pourtant, comprendre ces informations n’est pas seulement une question de confort : pour les personnes allergiques, cela peut littéralement être une question de vie ou de mort. Les chocs anaphylactiques causés par des allergènes non détectés représentent un danger réel, et les autorités japonaises ont mis en place un cadre réglementaire strict pour protéger les consommateurs. Ce guide détaillé vous permettra de déchiffrer efficacement les étiquettes alimentaires japonaises, de repérer les allergènes prioritaires, de comprendre les dates de péremption et d’identifier les ingrédients qui composent vos aliments.
## Le système réglementaire japonais d’étiquetage alimentaire : Food Labeling Act et normes JAS
Le Japon a établi un système d’étiquetage alimentaire parmi les plus rigoureux au monde, régi principalement par le Food Labeling Act (食品表示法) entré en vigueur en 2015. Cette loi unifie et simplifie plusieurs réglementations antérieures, notamment la Food Sanitation Act, la JAS Law (Japan Agricultural Standards) et la Health Promotion Act. L’objectif principal de cette législation est de garantir la transparence et la sécurité alimentaire pour tous les consommateurs, qu’ils soient japonais ou étrangers résidant sur le territoire.
L’Agence de la Consommation du Japon (消費者庁, Consumer Affairs Agency ou CAA) supervise l’application de ces normes et publie régulièrement des directives actualisées. Contrairement à d’autres pays, le Japon impose des exigences particulièrement strictes concernant la mention des allergènes et l’origine géographique des produits. Les normes JAS, quant à elles, certifient la qualité des produits agricoles et transformés selon des critères précis de production, de composition et de présentation.
Ce cadre réglementaire oblige les fabricants à fournir des informations détaillées sur leurs emballages, incluant la liste complète des ingrédients (原材料名, genzairyōmei), les valeurs nutritionnelles (栄養成分表示, eiyō seibun hyōji), les dates de péremption et, surtout, la présence d’allergènes potentiels. Pour vous, consommateur, cela signifie que chaque produit transformé vendu au Japon contient des informations fiables et standardisées, à condition de savoir les déchiffrer.
Les fabricants doivent également respecter des règles spécifiques concernant la taille des caractères et la lisibilité des informations. Les mentions obligatoires doivent apparaître de manière claire et indélébile sur l’emballage, généralement au dos ou sur le côté du produit. Cette standardisation facilite grandement la comparaison entre produits similaires et permet une identification rapide des informations essentielles, même lorsque vous ne maîtrisez pas parfaitement la langue japonaise.
## Décryptage des allergènes majeurs sur les emballages japonais : les 7 allergènes obligatoires et 21 recommandés
Le système japonais de classification des allergènes repose sur une approche à deux niveaux : les allergènes prioritaires dont la mention est obligat
oires et les allergènes secondaires dont la mention est simplement recommandée. Cette distinction est fondamentale lorsque vous lisez une étiquette alimentaire japonaise, surtout si vos allergies sont sévères. Les allergènes sont regroupés sous le terme générique de 特定原材料 (tokutei genzairyō, “ingrédients spécifiquement identifiés”) et, pour la deuxième catégorie, de 特定原材料に準ずるもの (“ingrédients assimilés aux matières premières spécifiées”).
Depuis 2022, le Japon reconnaît officiellement 8 allergènes majeurs à déclaration obligatoire sur tous les produits transformés, et 21 allergènes supplémentaires dont la mention est fortement encouragée. En pratique, de nombreuses marques indiquent bien plus que ce que la loi impose, par souci de transparence et de prévention des chocs anaphylactiques. Sur les emballages, ces mentions apparaissent souvent regroupées dans un encadré dédié, ce qui facilite votre repérage visuel, même si vous ne lisez pas encore couramment les kanji.
La notation spécifique des allergènes prioritaires : œufs, lait, blé, sarrasin, arachides, crevettes et crabe
Les allergènes prioritaires au Japon sont appelés 特定原材料. Historiquement au nombre de 7 (材料7品目, zairyō nana hinmoku), ils sont désormais 8 depuis l’ajout de la noix (胡桃, くるみ, kurumi). Vous verrez donc systématiquement apparaître, lorsque présents dans le produit :
- 卵(たまご, tamago) – œufs
- 乳 / 牛乳(にゅう / ぎゅうにゅう, nyū / gyūnyū) – lait et produits laitiers
- 小麦(こむぎ, komugi) – blé
- そば(soba) – sarrasin
- 落花生 / ピーナッツ(らっかせい / ピーナッツ, rakkasei / pīnattsu) – arachides / cacahuètes
- えび(ebi) – crevettes
- かに(kani) – crabe
- くるみ(kurumi) – noix
La loi impose que ces allergènes soient clairement indiqués lorsqu’ils sont utilisés comme ingrédients. Vous pouvez les trouver de deux manières : soit intégrés dans la liste d’ingrédients avec une mise en évidence (gras, encadré, parenthèses), soit récapitulés en fin de liste, précédés de la mention (一部に〇〇を含む) (“contient en partie 〇〇”). Par exemple : (一部に小麦・卵・乳成分を含む) signale que le produit contient du blé, des œufs et des composants laitiers.
Pour les personnes atteintes d’allergies alimentaires sévères, ce système est un véritable filet de sécurité. Nous vous conseillons de mémoriser au minimum les kanji suivants : 卵 (œuf), 乳 (lait), 小麦 (blé), そば (sarrasin) et 落花生 (arachides). Une fois que vous savez les repérer visuellement, la lecture des emballages devient beaucoup plus rapide, même sans comprendre tout le reste du texte.
Les mentions 特定原材料 (tokutei genzairyō) et leur identification visuelle sur les packaging
Sur de nombreux produits, en particulier dans les supermarchés et konbini, les fabricants utilisent un encadré spécifique pour rassembler les allergènes, souvent précédé de la mention :
アレルギー物質(特定原材料等)Arerugī busshitsu (tokutei genzairyō-tō)
Substances allergènes (ingrédients spécifiés, etc.)
À l’intérieur de cet encadré, les allergènes sont listés les uns à la suite des autres, séparés par le symbole ・ ou des virgules japonaises. Visuellement, cet encadré peut être entouré d’un trait noir, parfois coloré (rouge ou orange) pour attirer l’attention. Certaines marques vont plus loin en ajoutant des pictogrammes ou en mettant les allergènes en gras par rapport au reste du texte.
Vous pouvez également tomber sur la mention rassurante suivante : 特定原材料等28品目不使用 (ou 27品目 selon les anciennes versions). Elle signifie : “Aucun des 28 allergènes spécifiés n’est utilisé”. Si vous avez plusieurs allergies ou une intolérance complexe, cette mention est particulièrement précieuse. Néanmoins, comme en Europe, elle ne garantit pas toujours l’absence totale de traces dues aux contaminations croisées, il reste donc prudent de vérifier si une formule du type 同一工場にて〇〇を含む製品を製造しています (“fabriqué dans une usine qui utilise également 〇〇”) apparaît ailleurs sur l’emballage.
Les allergènes secondaires : soja, noix de cajou, sésame et leur représentation avec 特定原材料に準ずるもの
En plus des 8 allergènes obligatoires, le ministère de la Santé japonais recommande l’étiquetage de 21 autres allergènes, appelés 特定原材料に準ずるもの (“ingrédients assimilés aux matières premières spécifiées”). Leur déclaration n’est pas légalement obligatoire, mais la grande majorité des fabricants sérieux les mentionnent pour des raisons de sécurité et d’image de marque.
Parmi ces allergènes recommandés, on trouve des ingrédients très fréquents dans la cuisine japonaise : le soja 大豆(だいず, daizu), le sésame ごま (goma), les noix de cajou カシューナッツ (kashū nattsu), le bœuf 牛肉 (gyūniku), le poulet 鶏肉 (toriniku), le porc 豚肉 (butaniku), le saumon 鮭 (sake) ou encore le maquereau 鯖 (saba). Vous verrez souvent ces allergènes listés à la suite des 8 principaux, dans le même encadré.
Par exemple, un encadré allergènes peut indiquer : 卵・乳成分・小麦・えび・かに・大豆・ごま・鶏肉. Même si, en théorie, seuls les 8 premiers sont obligatoires, la présence de 大豆 (soja) ou ごま (sésame) est un signal précieux si vous devez les éviter. Là encore, apprendre à reconnaître quelques kanji ciblés – 大豆, ごま, 豚, 牛, 鶏, 魚 – vous donnera une réelle autonomie lors de vos achats alimentaires au Japon.
Les pictogrammes et codes couleurs standardisés pour l’identification rapide des allergènes
Au-delà du texte, de plus en plus de fabricants japonais adoptent des pictogrammes et des codes couleurs pour faciliter l’identification rapide des allergènes. Ce n’est pas encore totalement uniformisé au niveau national, mais certaines tendances se dégagent : pictogrammes de bouteille de lait pour 乳, œuf stylisé pour 卵, épi de blé pour 小麦, crevette dessinée pour えび, etc. Ces icônes sont généralement regroupées dans une ligne ou un bloc, accompagnées éventuellement de légendes en petits caractères.
Vous pouvez aussi voir des codes couleurs, par exemple des carrés rouges pour les 8 allergènes prioritaires et des carrés jaunes pour les allergènes recommandés. Même si ces conventions ne sont pas systématiques d’une marque à l’autre, elles offrent un repère visuel appréciable, surtout quand vous faites vos courses rapidement ou que vous ne lisez pas encore les caractères japonais. Pensez à repérer ces blocs de symboles sur le dos des emballages et à les comparer entre différents produits d’un même rayon.
Enfin, certains restaurants de chaînes et commerces de bento affichent des tableaux d’allergènes à l’entrée ou près des caisses, souvent sous forme de grille avec des pictogrammes indiquant la présence d’œuf, lait, blé, etc. N’hésitez pas à demander à un employé de vous montrer le tableau en disant : “Arerugī hyō wa arimasu ka ?” (Avez-vous un tableau des allergènes ?). Cette simple phrase peut vous éviter bien des inquiétudes au moment de choisir votre plat.
Comprendre les dates de péremption japonaises : 賞味期限 versus 消費期限
Les dates figurant sur les emballages japonais prêtent souvent à confusion, même pour des résidents étrangers expérimentés. Deux mentions principales coexistent : 賞味期限 (shōmi kigen) et 消費期限 (shōhi kigen). Elles ne veulent pas dire la même chose, et les confondre peut vous amener soit à jeter inutilement des aliments encore consommables, soit à prendre des risques sanitaires réels. Comment faire la différence au premier coup d’œil ?
On peut comparer ces deux dates aux notions françaises de DDM (date de durabilité minimale) et de DLC (date limite de consommation). 賞味期限 se rapproche de la mention “à consommer de préférence avant le…”, alors que 消費期限 correspond plutôt à “à consommer jusqu’au…”. Cette nuance est essentielle pour planifier vos courses, surtout si vous séjournez dans un logement avec cuisine et que vous stockez beaucoup de produits à la fois.
賞味期限 (shōmi kigen) : la date de dégustation optimale pour les produits à longue conservation
La mention 賞味期限 indiquée sur un emballage renvoie à la période pendant laquelle le produit conserve ses qualités gustatives optimales, à condition d’être stocké dans les conditions recommandées (température, lumière, humidité). Vous la retrouverez surtout sur les produits à longue conservation : snacks, biscuits, conserves, boissons en bouteille, sauces, surgelés, etc.
Concrètement, un aliment dont la 賞味期限 est dépassée n’est pas automatiquement dangereux. Comme pour la DDM en Europe, il peut simplement perdre en croustillant, en arôme ou en texture. Au quotidien, si vous voyez un produit dont la shōmi kigen est passée de quelques jours ou semaines, vous pouvez utiliser votre bon sens : inspectez l’aspect, l’odeur, la texture. S’il n’y a pas de signe évident d’altération, il reste souvent consommable, surtout s’il était bien fermé et stocké correctement.
Sur l’étiquette, 賞味期限 est généralement suivi d’une date au format AAAA/MM/JJ ou AA/MM/JJ. Par exemple : 賞味期限 25.05.30 signifie que, jusqu’au 30 mai 2025, le fabricant garantit une qualité gustative optimale. Pour voyager plus sereinement, vous pouvez mémoriser le kanji 味 (goût), présent dans 賞味 : il vous rappellera que cette date concerne avant tout la “saveur” du produit.
消費期限 (shōhi kigen) : la date limite de consommation pour les aliments périssables
La mention 消費期限 est, elle, beaucoup plus stricte. Elle concerne les aliments très périssables, pouvant présenter un risque microbiologique après la date indiquée : produits frais, bentos, sandwichs, plats cuisinés réfrigérés, viandes et poissons emballés, produits laitiers frais, etc. Ici, l’analogie se fait avec la DLC française : une fois la date dépassée, la consommation est fortement déconseillée.
Vous trouverez souvent cette mention sur des stickers apposés directement sur les barquettes ou boîtes de bento des konbini, avec heure et date précises, par exemple : 消費期限 24.11.02 23:00. Le message est clair : au-delà de cette heure, le produit n’est plus garanti sain. Il n’est d’ailleurs pas rare que les konbini retirent les bentos des rayons quelques heures avant l’échéance et appliquent une réduction en fin de journée pour écouler les stocks.
Pour éviter les intoxications alimentaires, retenez donc ce réflexe : si vous voyez 消費期限, traitez cette date comme une vraie limite de consommation. Si la date est dépassée, surtout en été ou si le produit a été transporté longtemps sans réfrigération, abstenez-vous. Lorsque vous faites vos courses pour plusieurs jours, privilégiez les produits portant la mention 賞味期限, moins contraignants à gérer sur la durée.
Le format de datation japonais : lecture du calendrier ère impériale 令和 (reiwa) et grégorien
Autre particularité japonaise : le format de la date. Sur la plupart des produits récents, vous trouverez un format simple de type 2026.03.15 ou 26.03.15, où “26” peut correspondre à 2026 selon le contexte. Toutefois, certains fabricants – ou certains documents officiels – utilisent le calendrier d’ère impériale, actuellement l’ère 令和 (Reiwa). Dans ce cas, l’année est précédée du caractère 令和 ou de sa lettre abrégée “R”.
Par exemple, 令和6年3月15日 ou R6.03.15 correspond à l’année 2024 (Reiwa a débuté en 2019, année Reiwa 1). L’ordre suit la structure japonaise classique : année 年, mois 月, jour 日. Sur certains emballages très compacts, il ne reste parfois que des chiffres, sans séparateurs, comme 240315. Le contexte (emplacement sur l’emballage, nature du produit) permet généralement de comprendre qu’il s’agit d’une date au format AAMMJJ.
Pour ne pas vous tromper, regardez toujours le mot qui précède la date : 賞味期限, 消費期限, mais aussi parfois 製造年月日 (date de fabrication). En cas de doute, surtout si vous voyez uniquement une suite de chiffres, vous pouvez demander à un employé : “Kore wa itsu made taberaremasu ka ?” (“Jusqu’à quand peut-on manger ceci ?”). Mieux vaut une question de plus qu’un estomac en vrac pendant votre voyage.
Les mentions 開封後 (kaifūgo) et conditions de conservation post-ouverture
En plus des dates de péremption, de nombreux emballages japonais indiquent des consignes de conservation après ouverture, introduites par le groupe de mots 開封後 (kaifūgo, “après ouverture”). Vous verrez des formulations comme : 開封後はお早めにお召し上がりください (“Après ouverture, consommer le plus rapidement possible”) ou 開封後は冷蔵庫で保存し、〇日以内にお召し上がりください (“Après ouverture, conserver au réfrigérateur et consommer dans un délai de 〇 jours”).
Ces mentions sont particulièrement importantes pour les sauces, condiments, produits réfrigérés et boissons. Même si la 賞味期限 affichée est lointaine, elle ne s’applique qu’au produit non ouvert. Une fois le sachet, la bouteille ou la boîte entamés, c’est la règle 開封後 qui prime. Pensez donc à vérifier la partie “conditions de conservation” (保存方法, hozon hōhō) : vous saurez s’il faut mettre le produit au frais, à l’abri de la lumière ou simplement bien le refermer.
En pratique, nous vous conseillons de coller un petit post-it avec la date d’ouverture sur les produits entamés, surtout si vous restez plusieurs semaines au Japon et que votre réfrigérateur commence à se remplir. Comme en Europe, le meilleur indicateur reste ensuite vos sens : si l’odeur, la couleur ou la texture vous semblent douteuses, ne prenez pas de risque, même si le délai théorique n’est pas encore dépassé.
Déchiffrer la liste d’ingrédients : ordre décroissant et terminologie spécifique japonaise
La liste d’ingrédients, appelée 原材料名 (genzairyōmei), est au cœur de tout étiquetage alimentaire japonais. Comme en Europe, les ingrédients y sont classés par ordre décroissant de quantité : le premier est celui qui est le plus présent dans le produit, le dernier celui qui est utilisé en plus petite quantité. Ce principe simple est votre meilleur allié pour repérer rapidement les produits ultra-transformés bourrés de sucre, de graisses ou d’additifs.
Vous remarquerez vite que cette liste combine kanji, hiragana et katakana. Les ingrédients d’origine japonaise traditionnelle (riz, soja, miso, algues…) apparaissent souvent en kanji, tandis que les ingrédients d’origine étrangère, les additifs et certains allergènes (comme les peanuts) sont écrits en katakana. De plus, de nombreux termes reviennent fréquemment : 植物油脂 (huiles végétales), たんぱく加水分解物 (protéines hydrolysées), 調味料(アミノ酸等) (exhausteurs de goût – acides aminés, etc.). Apprendre à reconnaître ces blocs vous permettra de juger en un coup d’œil du degré de transformation d’un produit.
Les additifs alimentaires 添加物 (tenkabutsu) et leur classification réglementaire
Les additifs alimentaires sont regroupés sous le terme 添加物 (tenkabutsu). La réglementation japonaise impose qu’ils soient clairement séparés des autres ingrédients, souvent en fin de liste, parfois précédés d’une mention générique comme / 添加物:〇〇、〇〇…. Plutôt que d’utiliser systématiquement les codes “E” comme en Europe, le Japon privilégie les noms chimiques ou fonctionnels en japonais, parfois accompagnés de katakana.
Parmi les additifs courants, vous rencontrerez par exemple :
| Type d’additif | Nom japonais | Rôle |
|---|---|---|
| Conservateurs | 保存料(ほぞんりょう, hozonryō) | Prolongent la durée de conservation |
| Colorants | 着色料(ちゃくしょくりょう, chakushokuryō) | Donner ou renforcer une couleur |
| Antioxydants | 酸化防止剤(さんかぼうしざい, sankabōshizai) | Limiter l’oxydation (rancissement, brunissement) |
| Émulsifiants | 乳化剤(にゅうかざい, nyūkazai) | Mélanger eau et huile (sauces, crèmes…) |
| Gélifiants / épaississants | 増粘多糖類(ぞうねんたとうるい, zōnen tatōrui) | Épaissir ou gélifier sauces, desserts |
Un libellé typique d’additifs peut ressembler à : 調味料(アミノ酸等)、酸化防止剤(ビタミンC)、乳化剤、香料. Même si vous ne comprenez pas chaque terme, vous pouvez retenir que plus cette partie de la liste est longue, plus le produit est transformé. Si vous cherchez des produits simples et peu transformés au Japon, visez des étiquettes avec peu ou pas de 添加物, ou limitez-vous à des additifs que vous reconnaissez (vitamine C, lécithine de soja, etc.).
Les mentions obligatoires : origine géographique 原産地 et traçabilité des matières premières
La transparence sur l’origine des produits est un autre pilier du système d’étiquetage japonais. Le terme 原産地 (gensanchi) désigne le pays ou la région de production de l’ingrédient principal. Vous verrez parfois la mention 原産地名 suivie de 国産 (produit au Japon) ou du nom d’un pays étranger (フランス, イタリア, アメリカ, etc.). Pour le riz, les légumes, la viande ou le poisson, cette information est particulièrement surveillée par les consommateurs japonais.
Pour les produits transformés, une autre mention fréquente est 原料原産地名, qui précise le pays d’origine de la matière première, distinct du lieu de transformation. Par exemple, un snack fabriqué au Japon à partir de pommes de terre américaines pourra indiquer : 原料原産地名:アメリカ(じゃがいも). Cette précision est utile si vous souhaitez privilégier certains pays d’origine ou éviter d’autres pour des raisons sanitaires ou éthiques.
En complément, certaines étiquettes comportent un numéro de lot ou un code de traçabilité, souvent près de la date de fabrication (製造所固有記号). Même si ces codes sont surtout utiles aux autorités et aux fabricants en cas de rappel de produits, savoir les repérer vous permet de vérifier rapidement que plusieurs emballages proviennent bien du même lot si vous êtes particulièrement vigilant.
Les édulcorants, conservateurs et exhausteurs de goût : identification des codes E et noms japonais
Contrairement à l’Union européenne, le Japon n’emploie pas systématiquement la notation par “E + chiffre” pour les additifs, mais vous pouvez parfois la croiser sur des produits importés. La plupart du temps, les édulcorants, conservateurs et exhausteurs de goût apparaissent sous leur nom japonais ou katakana, par exemple : アスパルテーム (aspartame), スクラロース (sucralose), ソルビトール (sorbitol), クエン酸 (acide citrique), グルタミン酸ナトリウム (glutamate monosodique).
Un groupe à surveiller tout particulièrement est celui des “exhausteurs de goût” : 調味料(アミノ酸等). Derrière cette mention générique se cachent souvent des mélanges d’acides aminés, dont le célèbre glutamate. Si vous souhaitez limiter ce type d’additifs, repérez ce bloc dans les listes d’ingrédients, surtout sur les snacks salés, chips, soupes instantanées, sauces toutes prêtes et plats cuisinés.
Pour les personnes devant contrôler leur consommation de sucre, apprenez à reconnaître le mot 甘味料 (かんみりょう, “édulcorant”). Il est souvent suivi entre parenthèses de la liste des édulcorants utilisés. Même si vous ne comprenez pas tous les noms, savoir que le produit est sucré artificiellement plutôt qu’avec du sucre traditionnel (砂糖, さとう, satō) vous permet de faire un choix éclairé, comme vous le feriez en Europe en lisant une liste de codes E.
Informations nutritionnelles : le tableau 栄養成分表示 et calcul par portion de 100g
Le tableau d’informations nutritionnelles, appelé 栄養成分表示 (eiyō seibun hyōji), est obligatoire sur la plupart des produits emballés au Japon. Il fonctionne de manière assez similaire aux tableaux européens, mais avec quelques particularités de terminologie. En général, les valeurs sont exprimées pour 100 g ou 100 ml, et souvent pour une portion type (par exemple par barre, par sachet, par bouteille).
La structure de base inclut presque toujours : l’énergie (エネルギー), les protéines (たんぱく質), les lipides (脂質), les glucides (炭水化物) et le sel ou sodium. Certains produits ajoutent aussi des informations sur les fibres (食物繊維), les vitamines et les minéraux, surtout lorsqu’ils souhaitent mettre en avant un bénéfice santé. Lorsque vous comparez deux produits au Japon, ce tableau est votre meilleur outil pour évaluer, au-delà du marketing, l’impact nutritionnel réel de ce que vous achetez.
Les macronutriments obligatoires : エネルギー (calories), たんぱく質 (protéines) et 脂質 (lipides)
Dans un tableau 栄養成分表示 standard, la première ligne indique généralement l’énergie :
エネルギー 〇〇kcal
Viennent ensuite les protéines たんぱく質, les lipides 脂質 et les glucides 炭水化物, exprimés en grammes. Comme en Europe, ces informations vous permettent d’ajuster votre apport calorique quotidien, de contrôler votre consommation de graisses et de protéines, et de comparer rapidement deux produits concurrents. Si vous suivez un régime particulier (riche en protéines, pauvre en lipides, etc.), ce sont les premières lignes à scruter.
Certains produits précisent aussi les graisses saturées sous la mention 飽和脂肪酸 (ほうわしぼうさん). Même si ce n’est pas systématique, c’est un indicateur précieux si vous cherchez à limiter les acides gras saturés pour des raisons cardiovasculaires. De la même manière, les produits destinés aux sportifs ou vendus comme “riches en protéines” mettent en avant la quantité de たんぱく質, parfois avec un visuel ou une mention marketing sur la face avant.
La mention du sodium ナトリウム versus équivalence en sel 食塩相当量
Une particularité importante du système japonais est la distinction entre le sodium ナトリウム et l’équivalent en sel 食塩相当量. Historiquement, de nombreux tableaux n’affichaient que le sodium, ce qui obligeait le consommateur à faire lui-même la conversion en sel (multiplication approximative par 2,54). Pour simplifier la compréhension, les autorités recommandent désormais l’affichage de 食塩相当量, qui indique directement la quantité de sel équivalente en grammes.
Vous pouvez ainsi rencontrer l’un ou l’autre de ces libellés, ou parfois les deux :
- ナトリウム 〇〇mg
- 食塩相当量 〇〇g
Si seule la valeur en sodium est mentionnée et que vous devez surveiller votre consommation de sel (hypertension, régime spécifique), gardez en tête qu’un apport recommandé pour un adulte en bonne santé tourne autour de 5 g de sel par jour. Multiplier approximativement la valeur en sodium (en grammes) par 2,5 vous donnera un ordre d’idée. Comme en France, méfiez-vous particulièrement des soupes instantanées, sauces, snacks salés et plats préparés, souvent très riches en 食塩相当量.
Les glucides 炭水化物 : distinction entre sucres 糖質 et fibres alimentaires 食物繊維
La ligne 炭水化物 correspond aux glucides totaux, incluant à la fois les sucres et les fibres. De plus en plus de produits détaillent cependant cette catégorie en deux sous-rubriques : 糖質 (とうしつ, sucres assimilables) et 食物繊維 (しょくもつせんい, fibres alimentaires). Cette distinction est précieuse si vous devez suivre un régime pauvre en glucides ou surveiller votre glycémie.
Un exemple de tableau peut ainsi afficher :
炭水化物 20.0g
糖質 17.0g
食物繊維 3.0g
Dans cet exemple, la plus grande partie des glucides provient de sucres assimilables (糖質), le reste étant des fibres bénéfiques pour le transit et la satiété. Si vous cherchez à limiter les “sucres rapides” au Japon, orientez-vous vers des produits où la part de 食物繊維 est relativement élevée par rapport aux 糖質. Inversement, pour des snacks “plaisir”, vous constaterez souvent que la quasi-totalité des 炭水化物 est constituée de 糖質.
Certifications et labels de qualité : マーク JAS organique, halal et mentions végétariennes
En plus des informations réglementaires, de nombreux produits au Japon arborent des logos de certification et des labels de qualité. Ces petits symboles, souvent appelés マーク (marque / label), peuvent vous aider à identifier rapidement des produits répondant à des critères spécifiques : agriculture biologique, respect de normes agricoles japonaises, conformité halal, voire compatibilité végétarienne ou végane. Pour un consommateur étranger, apprendre à reconnaître ces logos, c’est un peu comme disposer d’un raccourci visuel dans un océan de kanji.
Le label le plus connu est sans doute le JASマーク, apposé sur les produits conformes aux Japan Agricultural Standards. Une variante, le 有機JASマーク, certifie les produits issus de l’agriculture biologique selon des critères japonais stricts et reconnus internationalement. Si vous recherchez des aliments bio au Japon, ce logo vert et blanc en forme de deux feuilles entrelacées est votre meilleur repère dans les rayons.
Pour les consommateurs musulmans, la présence d’un logo halal (généralement en anglais et en arabe, parfois accompagné de ハラール) sur certains produits, restaurants ou rayons spécialisés est un indicateur précieux. Plusieurs organismes de certification halal opèrent au Japon, et leurs logos peuvent légèrement varier, mais ils restent facilement identifiables. De la même manière, quelques marques commencent à afficher des mentions ベジタリアン対応 (compatible végétarien) ou ヴィーガン, parfois accompagnées d’icônes de feuilles ou de slogans en anglais (“Vegan friendly”, “Plant-based”).
Ces labels ne sont pas encore aussi répandus qu’en Europe, mais leur présence augmente, notamment dans les grandes villes et les zones touristiques. Lorsque vous repérez un de ces logos, n’hésitez pas à retourner le produit et à vérifier que la liste d’ingrédients et le tableau nutritionnel correspondent bien à vos attentes. Les certifications sont une aide, mais la lecture attentive des étiquettes alimentaires reste votre meilleur outil pour manger sereinement au Japon, quelles que soient vos contraintes ou vos choix alimentaires.