Planifier un voyage au Japon implique de nombreuses considérations techniques, notamment celle de maintenir une connexion internet fiable durant le séjour. Entre les cartes SIM locales et les dispositifs pocket Wi-Fi, les voyageurs font face à un choix déterminant pour leur expérience de connectivité. Cette décision influence directement l’accès aux applications de navigation, aux services de traduction en temps réel et à la communication avec les proches.
L’archipel japonais dispose d’une infrastructure de télécommunications parmi les plus avancées au monde, avec une couverture réseau exceptionnelle même dans les zones rurales. Cependant, la diversité des options disponibles peut compliquer la sélection de la solution optimale. Les tarifs varient considérablement selon la durée du séjour, le volume de données requis et le nombre d’appareils à connecter.
Cette analyse technique approfondie examine les spécificités de chaque solution, permettant aux voyageurs de faire un choix éclairé basé sur leurs besoins réels. L’objectif consiste à optimiser à la fois la qualité de connexion et le budget alloué aux télécommunications.
Analyse comparative des technologies de connectivité mobile au japon
Architecture réseau NTT docomo, SoftBank et au/KDDI
L’écosystème des télécommunications japonais repose sur trois opérateurs majeurs qui se partagent le marché national. NTT Docomo détient la plus grande part de marché avec environ 38% des abonnés mobiles, suivi de au/KDDI avec 28% et SoftBank avec 22%. Ces trois géants investissent massivement dans l’infrastructure réseau, garantissant une qualité de service exceptionnelle sur l’ensemble du territoire.
NTT Docomo se distingue par sa couverture rurale étendue, particulièrement efficace dans les régions montagneuses et les îles périphériques. L’opérateur historique bénéficie d’un réseau de plus de 40 000 stations de base, offrant une stabilité remarquable même dans les zones les plus reculées. Cette densité d’infrastructure explique pourquoi de nombreuses cartes SIM touristiques s’appuient sur ce réseau.
SoftBank privilégie une approche technologique innovante, déployant rapidement les dernières générations de technologies mobiles. L’opérateur excelle particulièrement dans les zones urbaines denses, où la demande de bande passante atteint des niveaux critiques. Ses partenariats avec les fabricants d’équipements permettent d’optimiser les performances réseau en temps réel.
Couverture 4G LTE et déploiement 5G dans l’archipel japonais
La couverture 4G LTE au Japon atteint 99,9% de la population, un taux exceptionnel qui surpasse la plupart des pays développés. Cette performance résulte d’investissements considérables dans l’infrastructure, avec plus de 180 000 stations de base déployées sur l’ensemble du territoire. Les zones urbaines bénéficient de débits moyens supérieurs à 100 Mbps, tandis que les régions rurales maintiennent des vitesses minimales de 20 Mbps.
Le déploiement de la 5G s’accélère depuis 2021, avec une priorité accordée aux métropoles de Tokyo, Osaka et Nagoya. Les opérateurs ont investi plus de 2 000 milliards de yens dans cette modernisation, ciblant une couverture de 80% de la population d’ici 2025. Cette transition technologique impacte directement le choix entre cartes SIM et pocket Wi
-Fi, puisqu’elle conditionne les débits réellement atteignables par les voyageurs et la compatibilité des appareils récents avec les nouvelles bandes de fréquences. Les cartes SIM locales les plus récentes et de nombreux modèles de pocket Wi-Fi sont déjà capables d’exploiter ces réseaux 5G dans les grandes métropoles, même si la 4G LTE reste aujourd’hui la technologie principale pour la connectivité mobile au Japon.
Bandes de fréquences spécifiques et compatibilité internationale
Le Japon utilise un ensemble de bandes de fréquences 4G LTE et 5G partiellement différent de celui de l’Europe. Pour la 4G LTE, les bandes les plus utilisées sont la B1 (2100 MHz), B3 (1800 MHz), B8 (900 MHz), B18/B19 (800 MHz) et, dans une moindre mesure, la B41 (2500 MHz). Pour la 5G, les opérateurs s’appuient principalement sur la bande n78 (3,5 GHz) en sub‑6 GHz, ainsi que sur des bandes millimétriques dans les quartiers très denses.
Concrètement, cela signifie que la plupart des smartphones récents vendus en Europe, en particulier les appareils Apple, Samsung, Google et Xiaomi, sont pleinement compatibles avec le réseau japonais. En revanche, certains modèles d’entrée de gamme ne prennent pas en charge les bandes 18 et 19, essentielles pour la couverture en zones rurales. Avant de choisir entre carte SIM locale et pocket Wi-Fi, il est donc recommandé de vérifier la compatibilité de votre appareil à l’aide d’outils comme willmyphonework.net ou la fiche technique officielle du fabricant.
Les dispositifs pocket Wi-Fi loués au Japon intègrent, eux, des modems conçus spécifiquement pour le marché local et sont donc compatibles avec l’ensemble des bandes japonaises. C’est un avantage important si vous voyagez avec un téléphone plus ancien ou si vous n’êtes pas certain de sa compatibilité internationale. Dans cette configuration, le pocket Wi-Fi joue le rôle d’« adaptateur universel » entre le réseau japonais et vos appareils étrangers.
Vitesses de téléchargement moyennes par opérateur mobile
Les mesures indépendantes (Ookla, Opensignal, nPerf) indiquent que les débits descendants moyens varient généralement entre 40 et 80 Mbps en 4G LTE, selon l’opérateur et la zone géographique. NTT Docomo affiche une vitesse médiane autour de 55–60 Mbps, SoftBank tourne fréquemment autour de 60–70 Mbps dans les grandes villes, tandis que au/KDDI se situe dans une zone intermédiaire avec 50–65 Mbps. En 5G, les pointes dépassent régulièrement 300 Mbps dans les quartiers centraux de Tokyo ou Osaka.
Pour un usage touristique classique (navigation, réseaux sociaux, vidéo en streaming HD), ces valeurs sont largement suffisantes, que vous utilisiez une carte SIM locale ou un pocket Wi-Fi. La différence se fait davantage sentir lors d’usages intensifs ou professionnels, par exemple pour de l’upload de gros fichiers ou du télétravail en visioconférence haute définition. Dans ces cas, s’appuyer sur un opérateur disposant d’une bonne densité d’antennes 5G dans les zones que vous comptez visiter peut constituer un critère déterminant.
Il est important de garder à l’esprit que les débits annoncés par les opérateurs sont des valeurs théoriques maximales. En pratique, les performances dépendent de la charge réseau, de la proximité des antennes et des obstacles physiques (bâtiments, montagnes, tunnels). C’est là que le choix entre carte SIM locale et pocket Wi-Fi prend tout son sens : certains boîtiers proposent des antennes plus sensibles et des optimisations logicielles qui peuvent offrir une expérience légèrement plus stable dans les environnements difficiles.
Cartes SIM prépayées japonaises : configurations techniques et activation
Procédure d’enregistrement au telecommunications business act
Le cadre réglementaire japonais, régi notamment par le Telecommunications Business Act, encadre strictement la vente de cartes SIM locales. Pour les cartes SIM voix/SMS, un enregistrement d’identité est obligatoire, avec présentation d’un passeport ou d’une carte de résident (zairyū card). En revanche, les cartes SIM data only, destinées principalement aux touristes, bénéficient d’une procédure largement simplifiée.
La majorité des forfaits touristiques vendus en aéroport ou en ligne sont purement dédiés à la data, sans numéro de téléphone local pour les appels classiques. Dans ce cas, l’activation se limite généralement à la saisie d’un code ou au scan d’un QR code, sans vérification poussée d’identité. Si vous avez besoin d’un numéro japonais (pour réserver un restaurant, un onsen ou un ryokan par téléphone par exemple), il faudra envisager un contrat plus complet, souvent plus coûteux et soumis à des formalités plus lourdes.
Pour les voyageurs qui souhaitent éviter toute complexité administrative, les solutions prépayées data-only proposées par des opérateurs comme IIJmio, OCN Mobile ONE ou Sakura Mobile représentent un excellent compromis. Vous bénéficiez ainsi de la qualité du réseau japonais sans avoir à souscrire un contrat longue durée ou à gérer une inscription entièrement en japonais.
Formats nano-SIM, micro-SIM et compatibilité eSIM
Les cartes SIM japonaises prépayées sont en général livrées au format « triple découpe », combinant mini-SIM, micro-SIM et nano-SIM sur un seul support. Vous sélectionnez simplement le format adapté à votre smartphone, ce qui évite la nécessité d’un adaptateur spécifique. Les appareils récents utilisent presque systématiquement le format nano-SIM, tandis que les anciens modèles Android peuvent encore fonctionner en micro-SIM.
La compatibilité eSIM progresse rapidement au Japon, portée par les grands opérateurs nationaux et par des prestataires internationaux spécialisés. De plus en plus de forfaits touristiques intègrent une option eSIM, permettant d’activer la connectivité mobile en scannant un simple code QR, sans manipulation physique de carte. Cette approche est particulièrement intéressante si vous souhaitez conserver votre SIM française active pour recevoir des SMS de validation bancaire ou des appels importants.
Avant votre départ, il est fortement conseillé de vérifier si votre smartphone supporte la technologie eSIM (iPhone XS et modèles ultérieurs, nombreux Samsung Galaxy, Pixel, etc.). Si c’est le cas, une eSIM couplée à une carte SIM physique déjà insérée vous permettra de disposer de deux profils mobiles simultanément : votre ligne d’origine pour la réception, et la ligne japonaise pour la data à prix local.
Plans tarifaires IIJmio, OCN mobile ONE et sakura mobile
Parmi les nombreux MVNO (opérateurs virtuels) présents sur le marché japonais, IIJmio, OCN Mobile ONE et Sakura Mobile sont particulièrement populaires auprès des voyageurs étrangers. Ils proposent des cartes SIM locales prépayées avec des quotas de données adaptés à des séjours de courte ou moyenne durée, généralement entre 7 et 30 jours. Les forfaits d’entrée de gamme offrent entre 3 et 10 Go, tandis que les offres plus généreuses montent à 30 Go ou plus.
IIJmio, par exemple, commercialise des cartes SIM data-only valables 30 jours, souvent distribuées dans les grands magasins d’électronique comme Bic Camera ou Yodobashi. OCN Mobile ONE, lié à NTT Communications, propose des packs similaires, parfois légèrement moins chers mais avec des débits potentiellement plus variables aux heures de forte affluence. Sakura Mobile, orienté spécifiquement vers les visiteurs internationaux, se distingue par une interface en anglais et un support client dédié, en échange de tarifs légèrement supérieurs.
Pour un voyageur qui consomme principalement de la data pour Google Maps, traduction, réseaux sociaux et quelques vidéos, un forfait de 10 à 20 Go sur 15 à 30 jours est souvent suffisant. Si vous prévoyez de télétravailler ou de consommer beaucoup de streaming, une option illimitée avec fair use (réduction du débit au-delà d’un certain volume) ou un volume plus élevé sera préférable. Dans tous les cas, comparer le prix au gigaoctet reste un bon réflexe pour optimiser votre budget de connexion mobile au Japon.
Configuration APN pour data roaming et MMS
Une fois la carte SIM locale insérée, la plupart des smartphones récents détectent automatiquement les paramètres APN (Access Point Name) nécessaires à la connexion internet. Cependant, il peut arriver que cette configuration automatique échoue, notamment avec certains MVNO. Dans ce cas, il faudra entrer manuellement les paramètres fournis sur la notice ou le site de l’opérateur (par exemple iijmio.jp pour IIJmio ou lte-d.ocn.ne.jp pour OCN Mobile ONE).
La procédure reste relativement simple : dans les réglages de votre téléphone, vous créez un nouvel APN en renseignant le nom du point d’accès, le type d’APN (souvent default,supl) et, si nécessaire, un identifiant et un mot de passe. Une fois ces informations sauvegardées et l’APN sélectionné, la 4G LTE devrait s’activer en quelques secondes. Les MMS sont de moins en moins utilisés au Japon, la plupart des échanges passant par des applications comme LINE ; de nombreux forfaits data-only ne les prennent d’ailleurs pas en charge.
Si vous conservez votre carte SIM d’origine pour du data roaming ponctuel, la configuration APN sera gérée par votre opérateur européen. Cette option reste cependant la plus coûteuse sur le long terme, surtout pour un séjour de plusieurs semaines. C’est pourquoi, dans une optique d’optimisation budgétaire, la combinaison carte SIM locale ou eSIM + désactivation systématique du roaming international reste la solution la plus rationnelle.
Restrictions géographiques et limites de tethering
Certaines cartes SIM japonaises prépayées imposent des limitations sur l’usage du tethering (partage de connexion) ou restreignent la vitesse au-delà d’un certain volume de données quotidien. Par exemple, un forfait peut offrir 10 Go à pleine vitesse, puis basculer à 128 kbps une fois le quota atteint, jusqu’au lendemain. D’autres interdisent explicitement l’utilisation de la SIM dans un routeur ou un pocket Wi-Fi personnel, pour éviter les usages intensifs non prévus.
Pour un voyageur qui souhaite partager la connexion avec un ordinateur portable ou la tablette d’un proche, il est donc crucial de vérifier si le tethering est autorisé. Les conditions générales des opérateurs, souvent disponibles en anglais, précisent ces points, même si les détails techniques restent parfois noyés dans les petites lignes. Ignorer ces restrictions peut se traduire par une réduction drastique du débit, voire une suspension temporaire du service.
En ce qui concerne les restrictions géographiques, la plupart des cartes SIM touristiques fonctionnent sur l’ensemble de l’archipel, y compris Hokkaidō, Kyūshū et Shikoku. Toutefois, les performances peuvent être légèrement inférieures dans les zones insulaires très reculées ou en altitude. Là encore, les cartes SIM adossées aux réseaux NTT Docomo ou au/KDDI offrent en général la couverture la plus homogène pour un usage itinérant intensif.
Solutions pocket Wi-Fi : dispositifs et performances réseau
Modèles huawei E5383, NEC aterm MR05LN et spécifications techniques
Les principaux prestataires de location de pocket Wi-Fi au Japon s’appuient sur des modèles éprouvés comme le Huawei E5383 ou le NEC Aterm MR05LN. Ces boîtiers compacts intègrent des modems 4G LTE multi‑bandes compatibles avec les fréquences japonaises principales (bandes 1, 3, 8, 18, 19, 41). Certains modèles plus récents prennent également en charge des profils 5G NSA, permettant des débits plus élevés dans les grandes villes.
Sur le plan technique, ces pocket Wi-Fi sont comparables à de petits routeurs domestiques, mais optimisés pour la mobilité. Ils gèrent la translation d’adresses NAT, la sécurité WPA2 du Wi-Fi et parfois des fonctionnalités avancées comme le double SSID ou la gestion de la qualité de service (QoS). En pratique, vous allumez le boîtier, attendez quelques secondes qu’il se connecte au réseau 4G ou 5G, puis vous vous connectez au réseau Wi-Fi privé qu’il diffuse.
Pour un voyageur étranger, l’avantage de ces dispositifs réside dans leur simplicité d’utilisation et leur compatibilité quasi universelle avec tous les appareils Wi-Fi (smartphones, tablettes, ordinateurs, consoles de jeu portables, etc.). Vous n’avez pas à manipuler de carte SIM ou à modifier les paramètres de votre téléphone : le pocket Wi-Fi joue le rôle d’interface unique avec le réseau mobile japonais.
Autonomie batterie et capacité de connexions simultanées
La plupart des modèles de pocket Wi-Fi modernes offrent une autonomie annoncée comprise entre 8 et 12 heures d’utilisation continue. Dans la réalité, avec plusieurs appareils connectés et une utilisation intensive (navigation permanente, streaming, mises à jour en arrière-plan), il est plus raisonnable de tabler sur 6 à 8 heures. De nombreux prestataires incluent d’ailleurs une batterie externe dans le kit de location pour garantir une journée complète d’utilisation.
En termes de capacité de connexions simultanées, la norme se situe entre 5 et 10 appareils selon les modèles. Cela suffit largement pour couvrir les besoins d’un couple, d’une famille ou d’un petit groupe d’amis. Toutefois, chaque connexion supplémentaire partage la même bande passante, ce qui peut réduire le débit perçu par chacun, en particulier si plusieurs personnes lancent du streaming vidéo en même temps.
Si vous prévoyez un usage professionnel avec plusieurs appareils connectés (ordinateur de travail, smartphone, tablette), il peut être pertinent de limiter volontairement le nombre d’utilisateurs simultanés ou de définir des règles d’usage (par exemple, réserver le streaming aux heures de repos en soirée). De cette façon, vous conservez une expérience fluide pour les tâches critiques comme la visioconférence ou l’envoi de documents.
Services de location japan wireless, WiFi hire et global advanced communications
Plusieurs acteurs spécialisés se partagent le marché de la location de pocket Wi-Fi au Japon, parmi lesquels Japan Wireless, WiFi Hire et Global Advanced Communications. Ces prestataires offrent des formules à la journée ou à la semaine, avec un volume de données souvent présenté comme illimité, mais parfois soumis à une politique de fair use. Les tarifs varient généralement de 5 à 10 € par jour selon la saison, la durée de location et le type de boîtier (4G ou 5G).
La réservation se fait en ligne avant le départ, avec la possibilité de récupérer le pocket Wi-Fi à l’aéroport, dans un bureau de poste, directement à votre hôtel ou, dans certains cas, à votre domicile avant le voyage. Le retour est tout aussi simple : il suffit de glisser le boîtier et ses accessoires dans l’enveloppe prépayée fournie et de la déposer dans une boîte aux lettres ou un bureau de poste japonais.
Au-delà du prix journalier, il est important de prendre en compte les éventuels frais annexes : assurance en cas de perte ou de casse, frais de livraison, et pénalités potentielles si le matériel n’est pas restitué dans les délais. Dans la plupart des cas, la responsabilité maximale en cas de non-retour peut atteindre 200 à 250 €, ce qui justifie de manipuler le boîtier avec la même précaution que votre smartphone ou votre passeport.
Débits réels en zones urbaines Tokyo-Osaka versus régions rurales
En environnement urbain dense, notamment dans les corridors Tokyo–Yokohama, Nagoya, Kyoto–Osaka–Kobe ou Fukuoka, les pocket Wi-Fi atteignent facilement des débits réels de 50 à 100 Mbps en téléchargement, avec des latences inférieures à 30 ms. Pour la plupart des usages touristiques, la différence entre une carte SIM locale insérée dans un smartphone moderne et un pocket Wi-Fi connecté au même réseau est quasiment imperceptible.
Dans les zones rurales, les valeurs observées sont plus variables : les débits peuvent descendre à 10–20 Mbps dans les vallées montagneuses ou sur certaines îles, voire ponctuellement en dessous de 5 Mbps dans les zones les plus isolées. Cependant, même ces vitesses restent suffisantes pour la navigation, la messagerie instantanée et le streaming audio. Pour le télétravail ou les vidéoconférences, il est préférable de se placer à proximité d’une fenêtre ou d’un espace dégagé, afin d’optimiser la réception du signal cellulaire par le pocket Wi-Fi.
On peut comparer la différence entre zones urbaines et rurales à celle existant entre une autoroute à plusieurs voies et une route de campagne : sur l’autoroute (Tokyo, Osaka), la circulation des données est rapide et fluide, tandis que sur la petite route de montagne, le trafic est plus lent mais reste généralement praticable. Dans ce contexte, le pocket Wi-Fi et la carte SIM locale exploitent la même « route », la principale différence portant davantage sur la flexibilité d’usage que sur la vitesse pure.
Coûts comparatifs et optimisation budgétaire pour séjours courts et longs
Sur le plan strictement financier, la carte SIM locale prépayée tend à être plus avantageuse pour les séjours de moyenne à longue durée (de 15 à 30 jours et plus). Un forfait de 20 à 30 Go sur 30 jours se situe souvent dans une fourchette de 25 à 40 €, soit un coût journalier de 1 à 1,50 €. À l’inverse, un pocket Wi-Fi loué pour la même période coûtera entre 4,50 et 8 € par jour, soit 135 à plus de 200 € pour un mois complet, même si la data est annoncée illimitée.
Pour un court séjour de 5 à 7 jours, les écarts peuvent néanmoins se resserrer. Une carte SIM locale de 7 à 10 jours avec 5 à 10 Go de data se trouve autour de 15 à 25 €, alors qu’un pocket Wi-Fi reviendra plutôt à 35 à 60 € sur la même période. Dans cette configuration, la solution pocket Wi-Fi devient intéressante si vous êtes au moins trois ou quatre à partager la connexion, et que chacun aurait autrement dû acheter sa propre carte SIM locale.
Un autre paramètre à prendre en compte est la « valeur » du temps et de la simplicité. Une eSIM achetée en ligne et activée en quelques clics peut coûter légèrement plus cher au gigaoctet qu’une carte SIM locale achetée dans un konbini, mais elle vous évite de perdre du temps à l’aéroport ou en boutique, et vous garantit une connexion dès l’atterrissage. En fonction de votre budget global de voyage, quelques euros de plus pour une expérience sans friction peuvent s’avérer largement justifiés.
Enfin, si votre opérateur européen propose un pass international incluant le Japon (comme certaines offres haut de gamme), il est judicieux de comparer le coût de ce pass à celui d’une solution locale. Au‑delà de 10 à 15 jours de voyage, les forfaits en itinérance deviennent souvent moins compétitifs que les cartes SIM locales ou les eSIM spécialisées, surtout si vous consommez beaucoup de données.
Zones de couverture critiques : transport ferroviaire JR et sites touristiques isolés
Le réseau ferroviaire japonais, en particulier les lignes JR et les Shinkansen, traverse des zones extrêmement variées : mégapoles, plaines côtières, tunnels, montagnes. La couverture 4G LTE est globalement excellente sur les tronçons de surface, mais les déconnexions temporaires sont fréquentes lors du passage dans les tunnels et certaines vallées encaissées. Que vous utilisiez une carte SIM locale ou un pocket Wi-Fi, vous serez soumis aux mêmes contraintes physiques.
Pour les voyageurs qui comptent travailler ou participer à des réunions en ligne depuis le train, il est donc prudent de prévoir des marges et d’éviter de planifier des visioconférences au moment des longs trajets interurbains. Les trains JR et Shinkansen les plus récents proposent de plus en plus un Wi-Fi embarqué gratuit, mais celui‑ci reste parfois limité en débit et en stabilité, surtout aux heures de pointe. Dans ce cas, votre propre connexion mobile, qu’elle passe par une SIM locale ou un pocket Wi-Fi, sera souvent plus performante lorsque la couverture cellulaire est disponible.
Les sites touristiques isolés, tels que certains temples de montagne, villages historiques reculés ou parcs nationaux, peuvent présenter des zones de faible couverture, quelle que soit la solution de connectivité choisie. Dans ces environnements, la règle est simple : ne comptez pas sur une connexion continue. Téléchargez à l’avance vos cartes hors ligne, vos billets électroniques et, si nécessaire, les traductions dont vous aurez besoin.
On peut voir ces « zones blanches » comme des parenthèses dans votre voyage connecté : des moments où vous vous déconnectez partiellement du flux numérique pour vous concentrer sur le paysage ou l’expérience culturelle. D’un point de vue strictement technique, toutefois, les cartes SIM adossées aux réseaux NTT Docomo ou au/KDDI offrent souvent quelques barres de réseau supplémentaires par rapport aux MVNO plus limités, et les pocket Wi-Fi configurés sur ces mêmes réseaux en bénéficient également.
Recommandations techniques selon profils d’usage et durée de séjour
Au moment de trancher entre carte SIM locale et pocket Wi-Fi, il est utile de se poser deux questions simples : combien de personnes doivent être connectées en même temps ? et quel volume de données vais-je réellement consommer ? Pour un voyageur solo ou un couple, une carte SIM locale ou une eSIM avec 10 à 20 Go sur 15 jours, ou 20 à 30 Go sur un mois, suffit largement dans la majorité des cas. Vous bénéficiez d’une connexion directe sur votre smartphone, sans appareil supplémentaire à transporter ni à recharger.
Pour une famille ou un groupe de trois à six personnes qui souhaitent partager la connexion sur plusieurs smartphones, tablettes et ordinateurs, un pocket Wi-Fi peut devenir plus attractif, surtout sur un séjour court de 7 à 10 jours. Le coût total se répartit alors entre plusieurs utilisateurs, et la gestion de la connexion est centralisée. Il faudra simplement accepter la contrainte de recharger le boîtier chaque jour et de le rapporter en fin de séjour.
Les télétravailleurs et digital nomads qui ont besoin d’une connexion mobile stable au Japon ont tout intérêt à privilégier des cartes SIM ou eSIM basées sur les réseaux NTT Docomo ou au/KDDI, avec un volume de données confortable (au moins 30 Go pour un mois) et, idéalement, la possibilité de tethering illimité. Dans certains cas, combiner une carte SIM principale et un pocket Wi-Fi de secours peut constituer une stratégie de redondance intéressante pour sécuriser des missions sensibles.
Enfin, si vous privilégiez un voyage minimaliste, avec peu d’écrans et une utilisation modérée d’internet (consultation occasionnelle de cartes, messagerie, quelques recherches), une petite carte SIM locale de 5 à 10 Go ou une eSIM économique sera amplement suffisante. Vous pourrez compléter ponctuellement avec les nombreux réseaux Wi-Fi gratuits disponibles dans les hôtels, cafés, gares et aéroports, tout en maîtrisant votre budget de connectivité mobile au Japon.
