Kobe : ville portuaire chic, entre gastronomie et architecture

Nichée entre les montagnes du mont Rokkō et la mer intérieure de Seto, Kobe incarne l’élégance cosmopolite du Japon moderne. Cette métropole de 1,5 million d’habitants, capitale de la préfecture de Hyōgo, séduit par son raffinement architectural, sa gastronomie d’exception et son atmosphère internationale unique dans l’archipel. Détruite partiellement par le séisme de Hanshin-Awaji en 1995, la ville s’est reconstruite avec une détermination remarquable, préservant son patrimoine historique tout en embrassant la modernité. Du bœuf marbré mondialement célèbre aux brasseries de saké centenaires, des résidences occidentales du XIXe siècle aux îles artificielles futuristes, Kobe offre une expérience culturelle et sensorielle incomparable. Cette cité portuaire, première du Japon à s’ouvrir au commerce international en 1868, continue de fasciner par sa capacité à harmoniser tradition et innovation.

Kobe : métropole portuaire cosmopolite au cœur de la baie d’osaka

Kobe occupe une position géographique exceptionnelle dans la région du Kansai, s’étendant sur une étroite bande côtière coincée entre la mer intérieure de Seto et la chaîne montagneuse de Rokkō. Cette configuration unique a façonné l’identité urbaine de la ville, créant une métropole verticale où les quartiers résidentiels grimpent sur les pentes boisées tandis que le centre d’affaires et commercial se déploie le long du littoral. À seulement 30 minutes d’Osaka et moins d’une heure de Kyoto en train express, Kobe forme avec ces villes le triangle d’or économique et culturel du Kansai, concentrant plus de 20 millions d’habitants. Cette proximité en fait une destination idéale pour découvrir une facette différente du Japon, loin du tourisme de masse qui affecte certaines destinations emblématiques de la région.

Port de kobe : plaque tournante maritime du commerce international depuis l’ère meiji

Le port de Kobe constitue le cœur historique et économique de la ville depuis son ouverture officielle au commerce international le 1er janvier 1868, marquant la fin de deux siècles d’isolement japonais. Avec un trafic annuel dépassant 100 millions de tonnes de marchandises, il demeure aujourd’hui le deuxième port commercial du Japon après celui de Yokohama. L’infrastructure portuaire moderne s’étend sur plus de 12 kilomètres de front de mer, intégrant des terminaux à conteneurs ultramodernes, des quais pour les paquebots de croisière et des zones de maintenance navale. L’histoire maritime de Kobe se reflète dans l’architecture du quartier portuaire, où d’anciens entrepôts en brique rouge du début du XXe siècle ont été transformés en espaces culturels, restaurants et boutiques de créateurs. Le Kobe Maritime Museum, avec sa structure en acier et verre évoquant les voiles d’un navire, retrace l’évolution technologique de la navigation commerciale et l’importance stratégique du port dans le développement économique du Japon moderne.

Quartier de kitano-cho : architecture européenne et résidences consulaires du XIXe siècle

Perché sur les collines dominant le port, le quartier de Kitano-cho témoigne de l’ouverture internationale de Kobe à l’ère Meiji. Ce secteur résidentiel historique abrite une cinquantaine de ijinkan, ces élégantes demeures occidentales construites entre 1868 et 1920

par des négociants, diplomates et ingénieurs venus des États-Unis, d’Europe ou de Chine. Ces villas de style victorien, néo-baroque ou Art nouveau, souvent peintes de couleurs vives, contrastent avec les maisons traditionnelles japonaises et offrent un véritable voyage architectural. Certaines demeures emblématiques, comme la Weathercock House avec sa girouette en forme de coq ou la Moegi no Yakata aux façades vert pâle, ont été transformées en musées accessibles au public. En parcourant les ruelles en pente de Kitano-cho, vous alternez entre cafés à l’européenne, boutiques de designers locaux et points de vue spectaculaires sur la baie d’Osaka, ce qui en fait un quartier idéal pour saisir la dimension cosmopolite de Kobe.

Ce patrimoine bâti, miraculeusement préservé malgré le séisme de 1995, est aussi un laboratoire vivant pour comprendre l’intégration de l’architecture occidentale au Japon. Les charpentes en bois, les vérandas vitrées et les toits en ardoise ont été adaptés aux contraintes climatiques locales, tandis que les intérieurs mêlent meubles européens et éléments décoratifs japonais. Vous pouvez facilement consacrer une demi-journée à la découverte des ijinkan, en combinant visite guidée, pause café et promenade jusqu’aux hauteurs du quartier. Le soir, l’éclairage discret des façades donne à Kitano-cho une atmosphère presque cinématographique, parfaite pour des photos sans foule, loin des circuits touristiques habituels.

Meriken park et kobe port tower : symboles architecturaux du front de mer

Au sud du centre-ville, Meriken Park incarne la renaissance de Kobe après le séisme de Hanshin-Awaji. Aménagé sur des terrains gagnés sur la mer, ce vaste parc en bord de baie réunit les icônes architecturales de la ville : la flamboyante Kobe Port Tower, le Kobe Maritime Museum et la silhouette futuriste de l’hôtel Kobe Meriken Park Oriental Hotel. La tour, haute de 108 mètres, se distingue par sa forme d’hyperboloïde rouge inspirée du tambour japonais tsuzumi et offre un observatoire panoramique à 360° sur la ville, les docks et les montagnes. De jour comme de nuit, sa présence rappelle le lien indéfectible entre Kobe et son port.

Meriken Park n’est pas seulement un décor de carte postale : c’est aussi un espace de mémoire et de réflexion. Le mémorial du tremblement de terre, avec sa portion de quai effondré conservée en l’état, témoigne de la violence du séisme de 1995 et de la résilience des habitants. À quelques pas, le monument « BE KOBE » est devenu un symbole de fierté citoyenne et un passage obligé pour les voyageurs en quête de la photo parfaite. Vous pouvez prolonger la balade vers Kobe Harborland, quartier de shopping et de loisirs aux entrepôts réhabilités, ou embarquer pour une mini-croisière dans la baie afin d’admirer la skyline de Kobe depuis la mer, comme le faisaient jadis les grands paquebots de l’ère Meiji.

Rokko island et port island : îles artificielles et urbanisme maritime contemporain

Face au front de mer historique, Kobe a choisi dès les années 1970 de s’étendre vers le large en construisant des îles artificielles, véritables vitrines de l’urbanisme contemporain japonais. Port Island, inaugurée en 1981, fut l’un des premiers projets de ce type au pays. On y trouve aujourd’hui un mélange de tours de bureaux, d’universités, de centres de recherche et d’équipements culturels, comme le Kobe Fashion Museum, premier musée au Japon entièrement dédié à la mode. Cette urbanisation planifiée, structurée autour de larges avenues, de promenades en bord de mer et de lignes de transport automatisées, offre une vision futuriste de la métropole portuaire.

Plus à l’est, Rokko Island poursuit cette logique d’extension sur la mer avec une orientation davantage résidentielle et culturelle. Conçue comme une « ville-jardin moderne », elle abrite des immeubles d’habitation aux lignes modernistes, des parcs, des marinas et plusieurs musées, dont le Rokko Island Museum of Contemporary Art. Flâner sur ces îles artificielles, c’est prendre la mesure du savoir-faire japonais en matière de génie civil, mais aussi observer comment Kobe cherche un équilibre entre densité urbaine, espaces verts et accès à l’eau. Pour le voyageur curieux d’architecture et de planification urbaine, une demi-journée sur Port Island et Rokko Island permet de comparer la ville historique aux expérimentations de la fin du XXe siècle.

Bœuf de kobe et wagyu A5 : excellence gastronomique et méthodes d’élevage tajima

Impossible d’évoquer Kobe sans parler de sa spécialité la plus célèbre : le bœuf de Kobe, considéré comme l’un des meilleurs wagyu au monde. Issu exclusivement de la lignée bovine Tajima-gyu, élevée dans la préfecture de Hyōgo, ce bœuf se distingue par un persillage d’une finesse exceptionnelle et une texture qui fond littéralement en bouche. À la différence d’un steak classique, dont la graisse se répartit en bordure de la pièce, le bœuf de Kobe présente un marbrage intramusculaire régulier, donnant un aspect presque « marbré » à la viande. Cette caractéristique, combinée à une alimentation contrôlée et à un élevage de longue durée, explique sa rareté et son prix élevé sur le marché.

Contrairement à une idée reçue, tout wagyu n’est pas du bœuf de Kobe : ce dernier représente à peine une fraction de la production nationale de wagyu, avec moins de 0,2 % du cheptel abattu chaque année répondant aux critères stricts de l’appellation. Cela signifie que même au Japon, vous ne croiserez pas du « vrai » bœuf de Kobe à tous les coins de rue. Pour vous assurer de vivre une expérience authentique, il est essentiel de comprendre le système de certification et les labels officiels qui encadrent cette viande d’exception.

Certification kobe beef marketing and distribution promotion association

L’authenticité du bœuf de Kobe est garantie par la Kobe Beef Marketing and Distribution Promotion Association, organisme chargé de contrôler toute la chaîne, de l’élevage à la commercialisation. Pour qu’une pièce soit estampillée « Kobe Beef », plusieurs conditions cumulatives doivent être remplies : l’animal doit être un bovin de race Tajima-gyu né, élevé et abattu dans la préfecture de Hyōgo, être une génisse ou un bœuf castré, et atteindre un certain niveau de qualité de carcasse. Le grade de marbrage (BMS) doit être au minimum de 6 sur une échelle de 12, et la classification globale de la viande doit se situer entre A4 et A5.

Chaque pièce de bœuf certifiée reçoit un numéro d’identification individuel et est accompagnée d’un certificat officiel. Dans les restaurants sérieux de Kobe, vous pouvez généralement demander à voir ce certificat ou vérifier la présence du logo officiel, représentant une tête de bovin stylisée. À l’étranger, où le « Kobe beef » est souvent utilisé de manière abusive à des fins marketing, cette traçabilité est d’autant plus importante. En voyageant directement à Kobe, vous avez la garantie de déguster un produit authentique, souvent à des tarifs plus abordables que dans les grandes capitales internationales.

Techniques d’élevage tajima-gyu : massage, saké et alimentation contrôlée

La légende populaire évoque des bovins massés quotidiennement, abreuvés de bière et frottés au saké. La réalité de l’élevage Tajima-gyu est plus nuancée, mais tout aussi fascinante. Les éleveurs de Hyōgo privilégient des troupeaux de petite taille, permettant un suivi individualisé de chaque animal. Les bovins sont élevés dans des étables propres, bien ventilées, avec une litière renouvelée régulièrement afin de minimiser le stress, car un animal détendu produit une viande de meilleure qualité. L’alimentation, composée principalement de riz, de maïs et de fourrages soigneusement sélectionnés, est ajustée pour favoriser le développement lent et harmonieux de la masse musculaire et du persillage.

Certains éleveurs continuent de pratiquer des massages occasionnels ou des frictions à base de saké pour stimuler la circulation sanguine et entretenir la peau, mais ces méthodes restent complémentaires et non systématiques. L’essentiel réside dans la durée d’engraissement, souvent supérieure à 30 mois, et dans le contrôle rigoureux de l’environnement de l’animal. Vous vous demandez quelle différence cela fait dans l’assiette ? Imaginez la nuance entre un vin de table et un grand cru : même cépage, mais terroir, soins et temps de maturation transforment l’expérience gustative. Il en va de même pour le Tajima-gyu, dont la texture et l’arôme ne peuvent être obtenus qu’au prix de cette attention de tous les instants.

Restaurants étoilés michelin spécialisés en teppanyaki et yakiniku

Kobe abrite de nombreux restaurants où le bœuf de Kobe est la vedette, des comptoirs intimistes aux établissements étoilés au Guide Michelin. Le style teppanyaki, où le chef prépare la viande sous vos yeux sur une grande plaque chauffante, permet d’apprécier pleinement la tendreté du wagyu et la précision de la cuisson. Vous verrez le marbrage fondre délicatement, nourrissant la pièce de sa propre graisse, un peu comme si chaque bouchée était nappée d’une sauce invisible. Les menus dégustation proposent souvent plusieurs coupes, du filet au faux-filet, afin que vous puissiez comparer textures et saveurs.

Les amateurs de grillades préfèreront peut-être le yakiniku, concept proche d’un barbecue japonais où vous grillez vous-même de fines tranches de viande sur un grill intégré à la table. Ce format convivial, très populaire auprès des habitants de Kobe, permet de tester différentes parties du bœuf, parfois méconnues, sans exploser votre budget. Pour optimiser votre expérience gastronomique, pensez à réserver le soir ou le week-end, surtout dans les adresses réputées autour de la gare de Sannomiya et du quartier de Motomachi. N’hésitez pas à demander conseil au chef sur le degré de cuisson recommandé : pour le bœuf de Kobe, une cuisson saignante à mi-saignante met généralement le mieux en valeur la marmorisation.

Marmorisation BMS et système de notation du wagyu japonais

La qualité du wagyu japonais, dont fait partie le bœuf de Kobe, est évaluée selon un système de notation précis, géré par la Japan Meat Grading Association. Deux critères principaux sont pris en compte : le rendement (classé de C à A) et la qualité de la viande (de 1 à 5). À cela s’ajoute l’indice de marmorisation, ou BMS (Beef Marbling Standard), noté de 1 à 12. Plus le BMS est élevé, plus le persillage est fin et abondant, ce qui se traduit par une texture plus fondante et une saveur plus riche. Pour prétendre au label « Kobe Beef », une carcasse doit atteindre au minimum un BMS de 6 et une note globale A4, ce qui assure un niveau d’excellence constant.

Comprendre ce système, c’est un peu comme savoir lire les étiquettes d’un grand vin : vous gagnez en autonomie pour choisir votre expérience gastronomique. Lorsqu’un restaurant affiche par exemple « Kobe Beef A5, BMS 10 », vous savez que vous êtes face à l’un des niveaux les plus élevés du marché. Inversement, un wagyu non labellisé Kobe pourra être très bon, mais n’offrira pas forcément la même intensité de marbrage. Si vous voyagez au Japon pour la première fois, profitez de votre passage à Kobe pour comparer un wagyu de haute qualité et un véritable bœuf de Kobe : cette dégustation comparative est souvent l’un des souvenirs les plus marquants d’un séjour dans le Kansai.

Sake de nada : district brassicole historique et maisons centenaires

Au-delà du bœuf, Kobe est aussi l’un des grands terroirs de saké du Japon. À l’est du centre-ville, le district de Nada s’étire sur quelques kilomètres le long de la côte et concentre un nombre impressionnant de brasseries, certaines fondées au XVIIe siècle. Ce couloir brassicole profite de conditions naturelles idéales : une eau de source réputée, un climat frais en hiver et la proximité des rizières de la préfecture de Hyōgo. Historiquement, le saké de Nada était expédié par bateau vers Edo (l’actuelle Tokyo), où il était très prisé par l’aristocratie et les marchands fortunés. Aujourd’hui encore, la région de Nada produit une part significative du saké consommé au Japon, ce qui en fait une étape incontournable pour les amateurs.

Visiter Nada, c’est un peu comme parcourir une route des vins, mais version japonaise. Plusieurs brasseries ont aménagé des musées et des espaces de dégustation, permettant de découvrir les subtilités de la fermentation du riz. Vous pouvez facilement organiser une demi-journée de visite en combinant trois ou quatre maisons, en marchant ou en utilisant les lignes locales de train. Les explications sont souvent disponibles en anglais, parfois en français, et certaines brasseries proposent même des ateliers d’initiation pour apprendre à reconnaître les styles de saké, du junmai le plus sec au daiginjo le plus aromatique.

Nada-gogō : cinq quartiers producteurs et eau miyamizu

Le district brassicole de Nada est traditionnellement divisé en cinq sous-régions, appelées Nada-Gogō : Nishi, Mikage, Uozaki, Nishinomiya et Imazu. Chacune possède ses particularités, mais toutes partagent un atout commun : l’accès à une eau souterraine de grande qualité, connue sous le nom de Miyamizu. Découverte au XIXe siècle, cette eau légèrement minéralisée se révèle idéale pour la fermentation, car elle favorise une activité levurienne intense tout en conférant au saké une structure nette et une finale sèche. On pourrait la comparer à ces sources calcaires qui façonnent le caractère de certains vins européens.

Grâce à la combinaison de cette eau Miyamizu et du riz local Yamada Nishiki, souvent surnommé le « roi du riz à saké », les brasseurs de Nada ont développé un style reconnaissable : des sakés généralement vifs, structurés et parfaitement adaptés à la gastronomie, notamment aux plats riches comme le bœuf de Kobe ou les poissons gras. Lorsque vous visiterez les brasseries, prêtez attention aux mentions Nada ou Nada-Gogō sur les étiquettes : elles signalent un lien direct avec ce terroir historique. Vous verrez alors qu’à l’instar des appellations contrôlées en Europe, ces indications géographiques au Japon sont un gage réel d’identité et de qualité.

Maisons hakutsuru, Kiku-Masamune et sawanotsuru : visites et dégustations

Parmi les nombreuses brasseries de Nada, trois maisons se distinguent particulièrement pour la qualité de leur accueil et la richesse de leur patrimoine : Hakutsuru, Kiku-Masamune et Sawanotsuru. La brasserie Hakutsuru, fondée en 1743, a aménagé un musée interactif qui reconstitue les différentes étapes de la production traditionnelle, avec mannequins, outils anciens et maquettes. Vous y découvrirez comment le riz est poli, lavé, cuit à la vapeur, puis ensemencé avec le kōji, ce champignon clé de la saccharification. À la fin du parcours, une salle de dégustation vous permet de comparer plusieurs cuvées, de l’entrée de gamme au daiginjo premium.

Kiku-Masamune, autre nom emblématique de Nada, met l’accent sur la méthode kimoto, un procédé de fermentation plus long et plus exigeant, qui donne des sakés à la fois profonds et nerveux. Son musée, installé dans les anciens bâtiments en bois de la brasserie, insiste sur le travail manuel et l’importance des artisans-brasseurs, les tōji. Enfin, Sawanotsuru, dont l’histoire remonte également à l’époque d’Edo, propose un parcours muséal plus intimiste, avec une belle collection d’ustensiles et de fûts en bois, ainsi qu’une boutique bien fournie. Dans chacune de ces maisons, les dégustations sont souvent gratuites ou proposées à un prix symbolique, ce qui vous permet d’affiner vos préférences sans pression.

Procédé de brassage kimoto et méthode yamada nishiki

Le style de saké produit à Nada s’appuie en grande partie sur deux piliers techniques : le riz Yamada Nishiki et, pour certaines maisons, le procédé de brassage kimoto. Yamada Nishiki est une variété de riz à gros grains, cultivée principalement dans la préfecture de Hyōgo, qui se polit très bien sans se briser. En retirant jusqu’à 50 à 60 % de la couche externe du grain, les brasseurs accèdent au cœur riche en amidon pur, ce qui permet de produire des sakés d’une grande finesse aromatique. Plus le degré de polissage est élevé, plus le saké aura tendance à être léger, floral, avec des notes de fruits blancs ou tropicaux.

La méthode kimoto, quant à elle, est un procédé ancien de préparation du levain-mère, dans lequel les brasseurs n’ajoutent pas d’acides artificiels pour stabiliser la fermentation. À la place, ils laissent les bactéries lactiques se développer naturellement, en brassant longuement le mélange de riz, d’eau et de kōji. Ce processus, qui peut durer plusieurs semaines, donne des sakés plus complexes, avec une acidité marquée et une grande capacité de vieillissement. Pour vous, voyageur curieux, choisir un saké « kimoto » de Yamada Nishiki à Nada, c’est un peu comme opter pour un vin élaboré selon des méthodes artisanales ancestrales : vous goûtez non seulement une boisson, mais aussi un savoir-faire transmis de génération en génération.

Architecture moderniste et reconstruction post-séisme : musée préfectoral d’art et kobe fashion museum

Le séisme de Hanshin-Awaji de 1995 a profondément marqué Kobe, détruisant une partie importante de son centre urbain et de ses infrastructures. Plutôt que de simplement reconstruire à l’identique, la ville a saisi cette crise comme une opportunité pour repenser son urbanisme et affirmer une identité architecturale moderne. De nombreux bâtiments publics et culturels édifiés après le séisme portent l’empreinte de cette volonté de modernité, tout en intégrant les normes parasismiques les plus exigeantes. Parmi eux, le Musée préfectoral d’art de Hyōgo, conçu par l’architecte Andō Tadao, incarne à merveille cette synthèse entre mémoire, résilience et création contemporaine.

Situé en bord de mer, non loin de la zone portuaire, le musée se distingue par ses volumes en béton brut, ses grandes baies vitrées et ses espaces intérieurs baignés de lumière. Les galeries accueillent une collection variée d’art moderne et contemporain japonais et international, ainsi que des expositions temporaires de grande envergure. L’architecture minimaliste de Tadao Andō, avec ses jeux d’ombre et de lumière, invite à une contemplation silencieuse qui résonne avec l’histoire récente de Kobe. En visitant ce musée, vous percevez comment la ville a choisi d’investir dans la culture pour accompagner sa reconstruction et affirmer sa place sur la scène artistique japonaise.

Sur Port Island, le Kobe Fashion Museum offre un autre visage de cette architecture de l’après-séisme. Inauguré en 1997, il se présente comme un cylindre futuriste aux façades blanches, rappelant un vaisseau posé face à la mer. À l’intérieur, les expositions permanentes et temporaires explorent l’histoire de la mode au Japon et dans le monde, des kimonos anciens aux créations de designers contemporains. Des ateliers, conférences et défilés y sont régulièrement organisés, faisant du musée un lieu de rencontre entre professionnels et passionnés. Si vous vous intéressez au design, au textile ou simplement à l’évolution du style vestimentaire au Japon, cette visite complète parfaitement la découverte plus traditionnelle des quartiers historiques de Kobe.

Nankinmachi : quartier chinois historique et gastronomie sino-japonaise fusion

Au cœur du centre-ville, à quelques minutes à pied de Motomachi et de Sannomiya, Nankinmachi est le quartier chinois de Kobe et l’un des trois plus importants de tout le Japon avec ceux de Yokohama et Nagasaki. Ses ruelles piétonnes, ponctuées de portiques rouges et de lanternes, concentrent sur quelques pâtés de maisons une densité impressionnante de restaurants, échoppes de street food et boutiques de souvenirs. Né au XIXe siècle avec l’installation de marchands chinois après l’ouverture du port, Nankinmachi est aujourd’hui le théâtre d’une gastronomie sino-japonaise fusion, où les dim sum côtoient les ramen, et les brioches vapeur se parfument parfois de saveurs locales.

Vous y trouverez notamment les célèbres butaman, brioches farcies au porc très populaires à Kobe, ainsi que des gyozas accompagnés d’une sauce au miso, spécialité locale née de l’adaptation de recettes chinoises au palais japonais. Les stands de rue proposent également des brochettes, des nouilles sautées et des desserts à base de sésame ou de haricots rouges, parfaits pour un en-cas entre deux visites. Si vous avez la chance de visiter Kobe pendant le Nouvel An chinois, Nankinmachi se transforme en scène de festival, avec danses du lion, spectacles et décorations éclatantes. Pour profiter de l’atmosphère tout en évitant la foule la plus dense, privilégiez une visite en milieu d’après-midi ou en fin de soirée.

Accès depuis Osaka-Kansai airport : ligne JR kobe et shinkansen sanyo

L’un des grands atouts de Kobe est sa facilité d’accès, en particulier si vous arrivez par l’aéroport international du Kansai (KIX), principale porte d’entrée aérienne de la région. Depuis KIX, vous pouvez rejoindre Kobe en environ 70 minutes en empruntant la ligne JR Kansai Airport jusqu’à Osaka, puis la ligne JR Kobe Line jusqu’à la gare de Sannomiya, véritable nœud de transport de la ville. Cette solution est particulièrement pratique si vous possédez un Japan Rail Pass, car elle est entièrement couverte par le pass et vous permet de vous familiariser dès votre arrivée avec l’efficacité du réseau ferroviaire japonais.

Si vous voyagez déjà au Japon et que vous souhaitez intégrer Kobe à un itinéraire plus large, le Shinkansen Sanyō constitue l’option la plus rapide. La gare de Shin-Kobe, située à seulement une station de métro de Sannomiya, est desservie par les trains à grande vitesse en provenance de Tokyo, Nagoya, Hiroshima ou Fukuoka. Depuis Osaka, le Shinkansen met moins de 15 minutes pour relier Shin-Osaka à Shin-Kobe, tandis qu’un train rapide classique met environ 25 minutes entre Osaka et Sannomiya. Vous hésitez entre plusieurs bases pour explorer le Kansai ? Grâce à ces liaisons fréquentes, Kobe peut aisément servir de point de chute alternatif à Kyoto ou Osaka, surtout si vous recherchez une ambiance plus détendue sans renoncer à une excellente connectivité.

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