Le Japon est l’un des rares pays au monde où les quatre saisons se manifestent avec une telle intensité et une telle beauté. Chaque période de l’année transforme radicalement les paysages, les traditions et les activités disponibles, offrant aux voyageurs des expériences uniques et mémorables. Du rose délicat des cerisiers en fleurs aux teintes flamboyantes des érables d’automne, en passant par l’effervescence des festivals d’été et la sérénité des stations thermales enneigées, l’archipel nippon révèle des visages multiples selon le calendrier. Comprendre ces cycles saisonniers devient essentiel pour planifier un voyage qui correspond parfaitement à vos attentes, que vous recherchiez la contemplation paisible de la nature, l’immersion dans des célébrations ancestrales ou l’aventure en montagne.
Printemps au japon : hanami et festivals du renouveau (mars à mai)
Le printemps japonais constitue sans conteste la saison la plus emblématique et la plus attendue de l’année. Cette période symbolise le renouveau dans la culture nippone, marquant le début de l’année fiscale et scolaire en avril. Les températures douces, généralement comprises entre 10 et 20 degrés Celsius, créent des conditions idéales pour explorer l’archipel. La nature s’éveille progressivement, transformant le paysage en une symphonie de couleurs pastel qui attire des millions de visiteurs venus du monde entier. Cette saison offre également l’opportunité d’assister à des festivals traditionnels qui célèbrent cette renaissance annuelle, perpétuant des rituels vieux de plusieurs siècles.
Sakura zensen : suivre le front des cerisiers de kyushu à hokkaido
Le phénomène du sakura zensen, littéralement « front des cerisiers », désigne la progression géographique de la floraison des cerisiers à travers l’archipel japonais. Ce mouvement naturel débute généralement fin janvier à Okinawa, au sud, pour atteindre Hokkaido début mai. Les services météorologiques japonais publient des prévisions détaillées dès février, permettant aux voyageurs de planifier leur séjour avec précision. Cette migration florale crée une véritable course poétique où les passionnés suivent les fleurs d’une région à l’autre. La floraison dure environ une semaine dans chaque localité, rendant la planification cruciale pour ne pas manquer ce spectacle éphémère. Les variations climatiques annuelles peuvent décaler ces dates de plusieurs jours, ajoutant une dimension d’incertitude qui renforce paradoxalement le caractère précieux de l’expérience.
Hanami dans les sites emblématiques : parc ueno, philosophe’s path et château de himeji
Le hanami, tradition consistant à contempler les fleurs de cerisiers, se pratique dans des lieux spécifiques qui sont devenus légendaires au fil des siècles. Le parc Ueno à Tokyo accueille plus de 1000 cerisiers de différentes variétés, créant un tunnel floral spectaculaire où les familles et amis se rassemblent pour des pique-niques sous les branches fleuries. Le Philosopher’s Path à Kyoto, un chemin de pierre longeant un canal sur deux kilomètres, offre une promenade méditative sous une voûte de sakura, particulièrement magique au crépuscule lorsque les lanternes s’illuminent. Le château de Himeji, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, voit sa structure blanche immaculée magnifiée par le contraste avec les teintes rosées des quelque 1000 ceris
iers en fleurs qui l’entourent. Au printemps, de nombreux Japonais enfilent leur plus beau yukata ou kimono léger pour venir faire des photos dans l’enceinte du château, ce qui ajoute encore au charme du lieu. Pour profiter pleinement du hanami, prévoyez une couverture, quelques snacks de saison (comme les sakura mochi) et arrivez tôt dans la journée afin de trouver une bonne place, surtout les week-ends. Pensez également à vérifier les prévisions de floraison des cerisiers au Japon quelques jours avant votre visite, car un simple épisode de pluie ou de vent fort peut écourter la saison.
Festivals printaniers : takayama matsuri et aoi matsuri de kyoto
Au-delà des cerisiers en fleurs, le printemps au Japon est rythmé par des festivals ancestraux qui marquent la fin de l’hiver et l’arrivée des beaux jours. Le Takayama Matsuri, organisé en avril dans la vieille ville de Takayama, dans les Alpes japonaises, est réputé comme l’un des trois plus beaux festivals du pays. De somptueux chars yatai richement décorés défilent dans les rues, certains équipés d’automates mécaniques appelés karakuri ningyo qui exécutent des mouvements complexes devant la foule. La nuit, ces chars sont illuminés par des lanternes, créant une atmosphère presque irréelle qui rappelle un théâtre en plein air.
À Kyoto, l’Aoi Matsuri, célébré le 15 mai, plonge les visiteurs dans l’époque Heian (VIIIe–XIIe siècle). Une longue procession en costumes de cour, fidèlement reconstitués d’après des documents historiques, traverse la ville depuis le Palais impérial jusqu’aux sanctuaires Shimogamo et Kamigamo. Les participants portent des feuilles de mauve (aoi) en guise de décorations rituelles, censées protéger des catastrophes naturelles. Si vous rêvez de voir à quoi ressemblait le Japon aristocratique, ce festival est une véritable machine à remonter le temps. Pour y assister dans de bonnes conditions, nous vous conseillons de repérer l’itinéraire du cortège à l’avance et de vous placer à un endroit stratégique, par exemple près du Palais impérial, afin de bénéficier d’une bonne visibilité.
Randonnées alpines : alpes japonaises et mont yoshino en floraison
Le printemps est également une période idéale pour découvrir le Japon côté montagnes, surtout si vous aimez la randonnée et les paysages encore partiellement enneigés. Les Alpes japonaises, qui s’étendent sur les préfectures de Nagano, Gifu et Toyama, offrent des sentiers accessibles dès la fonte des neiges, généralement à partir d’avril selon l’altitude. Des villes comme Matsumoto ou Takayama peuvent servir de base pour explorer des vallées alpines, où les cerisiers tardifs côtoient encore les sommets blancs. Vous pouvez par exemple combiner une visite du château de Matsumoto, l’un des plus beaux châteaux féodaux du Japon, avec une excursion vers Kamikōchi dès l’ouverture de la saison.
Parmi les sites les plus célèbres au printemps, le Mont Yoshino, dans la préfecture de Nara, est souvent considéré comme le « mont sacré des sakura ». Plus de 30 000 cerisiers recouvrent ses pentes, répartis en quatre zones d’altitude, ce qui étale la floraison sur plusieurs semaines. En gravissant le sentier principal, vous avez ainsi l’impression de remonter dans le temps de la saison, des premières fleurs déjà tombées vers le bas, aux bourgeons encore fermés vers le sommet. Le Mont Yoshino est aussi un haut lieu du bouddhisme et du shintoïsme, ce qui permet de combiner randonnée, spiritualité et contemplation des fleurs. Pensez néanmoins à réserver votre hébergement très en amont si vous prévoyez de dormir sur place, car les ryokan se remplissent rapidement durant la pleine floraison.
Été au japon : matsuri spectaculaires et escapades montagnardes (juin à août)
L’été au Japon est synonyme de chaleur, d’humidité… mais aussi d’une énergie festive contagieuse. Entre la saison des pluies de début d’été, les typhons occasionnels et les pics de température à plus de 30 °C, on pourrait croire que voyager au Japon en été est une mauvaise idée. Pourtant, c’est précisément à cette période que se tiennent les plus grands matsuri (festivals traditionnels) du pays, ainsi que les célèbres feux d’artifice hanabi taikai. C’est aussi la meilleure saison pour prendre de la hauteur vers les montagnes ou se rafraîchir sur les plages d’Okinawa. En adaptant un peu votre itinéraire, vous pouvez transformer la chaleur estivale en atout et en faire une partie intégrante de votre expérience de voyage.
Gion matsuri de kyoto : yamaboko junko et traditions millénaires
Le Gion Matsuri, qui se déroule tout au long du mois de juillet à Kyoto, est sans doute le festival le plus célèbre du Japon. Il trouve son origine au IXe siècle, lorsqu’une épidémie frappa la ville et que l’on organisa une procession religieuse pour apaiser les divinités. Au fil des siècles, cet événement est devenu une gigantesque célébration urbaine, rythmée par des cérémonies, des rites et surtout deux grandes parades de chars, les yamaboko junko, les 17 et 24 juillet. Ces chars monumentaux peuvent atteindre plus de 25 mètres de haut et peser plusieurs tonnes, tirés par des dizaines d’hommes dans les rues de Kyoto.
À l’approche des processions, les quartiers concernés se transforment en véritables musées à ciel ouvert. Les habitants ouvrent leurs résidences traditionnelles pour exposer paravents, tissus et objets d’art datant parfois de plusieurs siècles. Les soirées précédant les défilés, appelées yoiyama, voient les rues se remplir de stands de nourriture, de lanternes et de visiteurs vêtus de yukata. Pour profiter du Gion Matsuri sans être submergé par la foule, nous vous recommandons de cibler certaines zones moins centrales de l’itinéraire, ou d’assister à la préparation des chars les jours précédents, quand l’atmosphère est plus détendue.
Tenjin matsuri d’osaka et nebuta matsuri d’aomori : processions pyrotechniques
Si vous poursuivez votre été au Japon en direction d’Osaka, le Tenjin Matsuri, organisé les 24 et 25 juillet, mérite largement le détour. Consacré au dieu de l’érudition Sugawara no Michizane, ce festival combine une procession terrestre avec des chars et des porteurs de mikoshi, puis une impressionnante parade fluviale sur la rivière Okawa. Des dizaines de bateaux décorés glissent sur l’eau au coucher du soleil, tandis que des feux d’artifice illuminent le ciel, créant un spectacle unique où la ville, la rivière et le ciel semblent dialoguer. C’est l’une des meilleures occasions de ressentir cette ambiance estivale typiquement japonaise, entre chaleur écrasante, cliquetis des geta et éclats de rire des familles.
Plus au nord, dans la préfecture d’Aomori, le Nebuta Matsuri, début août, offre un visage radicalement différent de l’été japonais. De gigantesques lanternes en papier peintes à la main, représentant des guerriers, des divinités ou des scènes de légendes, défilent dans les rues, portées par des équipes de danseurs et de musiciens. Ces structures lumineuses peuvent mesurer jusqu’à 9 mètres de haut et 5 mètres de large, donnant l’impression de voir des tableaux vivants avancer dans la nuit. Les spectateurs sont encouragés à participer en portant le costume traditionnel haneto et en rejoignant les danseurs au cri de « Rassera, rassera ! ». Si vous cherchez un festival d’été au Japon où l’on peut vraiment s’impliquer, le Nebuta est un excellent choix.
Ascension du mont fuji durant la saison officielle d’ouverture
L’été correspond également à la seule période où l’ascension du Mont Fuji est officiellement autorisée, généralement de début juillet à début septembre. Gravir ce volcan sacré de 3 776 mètres constitue pour beaucoup de Japonais un véritable rite de passage, et de plus en plus de voyageurs étrangers se lancent eux aussi ce défi. Les principaux sentiers, comme la voie Yoshida, sont bien balisés et équipés de refuges, ce qui rend la montée accessible à toute personne en bonne condition physique, à condition de s’y préparer sérieusement. Il ne faut surtout pas sous-estimer le froid et le vent au sommet, où les températures peuvent frôler le zéro, même en plein mois d’août.
La plupart des randonneurs choisissent une ascension de nuit pour atteindre le sommet à temps pour le lever du soleil, appelé goraikō. Voir l’aube se lever au-dessus de la « mer de nuages » est une expérience qui reste gravée à vie, mais elle exige de l’endurance et une bonne gestion du rythme. Emportez des vêtements chauds en couche, une lampe frontale, suffisamment d’eau et de snacks énergétiques. Pensez aussi à réserver à l’avance si vous souhaitez dormir dans un refuge de montagne, car la fréquentation peut être très élevée, surtout les week-ends et autour du 15 août, période d’Obon.
Plages de okinawa : ishigaki, miyako-jima et mer intérieure de seto
Lorsque la chaleur des grandes villes devient écrasante, l’une des meilleures options est de mettre le cap sur les îles d’Okinawa. Cet archipel subtropical, situé à plus de 1 500 kilomètres au sud de Tokyo, bénéficie de plages de sable blanc et d’eaux turquoise dignes des plus belles cartes postales. Ishigaki et Miyako-jima, en particulier, sont réputées pour leurs fonds marins riches en coraux et en poissons tropicaux. Vous pouvez y pratiquer le snorkeling, la plongée sous-marine ou simplement vous détendre sur des plages quasi désertes, loin de l’agitation urbaine.
Si vous ne pouvez pas aller aussi loin, la mer intérieure de Seto offre une alternative plus proche des grands axes. Des îles comme Naoshima, Teshima ou Shodoshima permettent de combiner baignades, balades à vélo et visites culturelles, notamment autour de l’art contemporain. L’ambiance y est plus douce, avec des températures moins extrêmes qu’à Tokyo ou Osaka grâce à la brise marine. N’oubliez pas que la saison des typhons peut affecter les liaisons maritimes : prévoyez des marges dans votre programme et renseignez-vous sur les conditions météo avant chaque traversée.
Furin et kakigori : traditions rafraîchissantes de la saison estivale
Au-delà des grandes destinations, l’été au Japon se vit aussi dans les petits détails du quotidien. Les furin, ces clochettes en verre ou en métal suspendues aux fenêtres, tintent doucement au moindre souffle de vent, donnant l’illusion de fraîcheur même lorsque le thermomètre grimpe. Dans les ruelles traditionnelles, ce son cristallin devient la bande-son de la saison. Vous en trouverez dans de nombreux temples et boutiques d’artisanat, souvent décorées de motifs estivaux comme les poissons rouges ou les fleurs de saison. Emporter un furin dans vos bagages, c’est rapporter chez vous un petit morceau de l’été japonais.
Côté gourmandise, impossible de passer à côté du kakigori, la glace pilée nappée de sirop ou de lait concentré. Dans les cafés, les temples ou même les stands de rue, vous verrez apparaître le drapeau bleu et blanc orné du kanji de la glace « 氷 », signe qu’un rafraîchissement vous attend. Certains établissements rivalisent de créativité avec des parfums au matcha, au melon, au yuzu ou encore garnis de haricots rouges azuki. Face à la chaleur et à l’humidité, ces petites traditions sont comme des pauses bienvenues qui vous aident à apprivoiser l’été japonais plutôt qu’à le subir.
Automne au japon : koyo et patrimoine culturel en couleurs flamboyantes (septembre à novembre)
L’automne au Japon est souvent considéré comme le miroir du printemps, avec des couleurs tout aussi spectaculaires mais une ambiance plus calme et contemplative. De septembre à novembre, les températures deviennent progressivement plus douces, la lumière se fait plus dorée et les foules se réduisent en dehors des grands week-ends. C’est une saison idéale pour voyager au Japon si vous souhaitez allier confort climatique, découvertes culturelles et paysages naturels. Le phénomène du koyo, la coloration des feuilles d’érables et de ginkgo, est suivi avec la même attention que la floraison des sakura au printemps, avec des prévisions publiées chaque année par région.
Momiji-gari : temples de kyoto, tofuku-ji, eikando et arashiyama
Le terme momiji-gari signifie littéralement « chasse aux érables » et désigne l’art de partir à la recherche des plus beaux feuillages d’automne. Kyoto est sans doute la ville la plus emblématique pour pratiquer ce rituel saisonnier. Le temple Tofuku-ji, dans le sud-est de la ville, est célèbre pour son pont Tsutenkyo qui surplombe une vallée recouverte d’érables flamboyants. Vue d’en haut, cette mer de rouge et d’orange donne l’impression d’observer un brasier végétal, particulièrement saisissant au début de matinée lorsque la lumière est rasante.
Eikando, autre temple majeur de Kyoto, est réputé pour ses illuminations nocturnes en automne. Les jardins se parent de milliers de lanternes qui mettent en valeur les érables en pleine coloration, créant une ambiance à la fois romantique et mystique. Quant au quartier d’Arashiyama, à l’ouest de la ville, il offre une combinaison idéale de nature, de temples et de rivières, entourés de collines qui se teintent progressivement de jaune, d’orange et de rouge. Pour profiter de Kyoto en automne sans subir trop la foule, essayez de privilégier les visites tôt le matin ou en soirée, et pensez à réserver vos hébergements plusieurs mois à l’avance, surtout en novembre.
Route alpine tateyama kurobe et gorges de naruko en automne
Si vous aimez les panoramas de montagne, la route alpine Tateyama Kurobe est un incontournable en automne. Cette route touristique, ouverte généralement d’avril à novembre, traverse les Alpes du Nord japonaises en combinant bus, téléphériques et trains panoramiques. En septembre et octobre, les flancs des montagnes se couvrent de couleurs automnales, offrant un contraste saisissant avec les sommets déjà saupoudrés de neige. Les points de vue sur le barrage de Kurobe ou sur le plateau de Murodo sont particulièrement impressionnants à cette période. Comme souvent au Japon, la météo peut être changeante en altitude : prévoyez des vêtements en couches et vérifiez les prévisions avant de partir.
Les gorges de Naruko, dans la préfecture de Miyagi, figurent également parmi les meilleurs spots de koyo au Japon. Un pont d’observation permet d’admirer la vallée profonde traversée par une rivière, entourée de falaises couvertes d’érables. La ligne de train qui traverse les gorges ajoute une touche pittoresque, rappelant ces paysages de train touristique que l’on voit souvent sur les affiches. La période idéale se situe généralement entre fin octobre et début novembre. Pour une expérience plus immersive, pensez à séjourner dans un ryokan de la région, certains disposent de bains thermaux avec vue sur les collines colorées.
Nikko et lac chuzenji : sanctuaires toshogu sous les érables japonais
Nikkō, au nord de Tokyo, est une autre destination phare pour admirer l’automne au Japon tout en découvrant un patrimoine culturel majeur. Les sanctuaires et temples de Nikkō, dont le célèbre Tōshōgū dédié au shogun Tokugawa Ieyasu, sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Leurs bâtiments richement décorés, aux dorures et sculptures complexes, contrastent magnifiquement avec les érables et les cèdres centenaires qui les entourent. En automne, la combinaison du rouge des feuilles, du vert des conifères et du bois peint des sanctuaires offre un spectacle visuel unique.
À quelques kilomètres de là, le lac Chuzenji et les chutes de Kegon constituent un complément parfait à la visite des sanctuaires. Situé à environ 1 200 mètres d’altitude, le lac bénéficie de températures plus fraîches et voit ses environs se couvrir de couleurs automnales dès le mois d’octobre. Vous pouvez faire une croisière sur le lac, randonner sur les sentiers alentour ou simplement profiter des points de vue aménagés. Les week-ends de pleine saison, la route qui monte à Nikkō peut être très congestionnée : privilégiez si possible une visite en semaine ou utilisez les transports en commun pour éviter les embouteillages.
Jardins zen : kenroku-en de kanazawa et koraku-en d’okayama en koyo
Les jardins japonais figurent parmi les meilleurs endroits pour apprécier la subtilité du koyo, et deux d’entre eux sont souvent cités parmi les plus beaux du pays : Kenroku-en à Kanazawa et Koraku-en à Okayama. Le Kenroku-en, ancien jardin du clan Maeda, est célèbre pour son design qui combine six qualités idéales d’un jardin paysager : espace, intimité, artifice, antiquité, eau et vue. En automne, les érables dispersés dans le parc se colorent en rouge vif, tandis que les pins sont préparés pour l’hiver avec les structures de corde yukitsuri, donnant au jardin un visage profondément saisonnier.
Le Koraku-en d’Okayama, plus ouvert et lumineux, mêle grandes pelouses, ruisseaux, rizières et petits bosquets d’érables. Les couleurs automnales y sont particulièrement mises en valeur en fin de journée, lorsque le soleil couchant éclaire les feuilles par transparence. Ces jardins zen offrent une expérience plus contemplative du koyo : plutôt que de multiplier les sites, vous pouvez choisir de vous poser, de marcher lentement et de laisser le paysage changer autour de vous, comme si vous feuilletiez un album vivant. Une bonne idée est d’apporter un petit carnet ou un appareil photo pour capturer ces nuances de couleur qui évoluent d’une journée à l’autre.
Hiver au japon : stations de ski, illuminations et sources thermales (décembre à février)
L’hiver au Japon dévoile un visage plus secret et intimiste de l’archipel. De décembre à février, les températures peuvent être fraîches, voire glaciales dans le nord, mais le ciel est souvent d’un bleu limpide et les précipitations restent relativement faibles dans les grandes villes comme Tokyo ou Kyoto. C’est une saison idéale si vous cherchez à éviter les foules, à bénéficier de tarifs plus doux et à découvrir des traditions hivernales uniques, de la poudreuse légendaire d’Hokkaidō aux onsen en plein air entourés de neige. Vous vous demandez si cela vaut la peine de voyager au Japon en hiver ? Pour les amateurs de calme, de paysages enneigés et de gastronomie réconfortante, la réponse est clairement oui.
Domaines skiables de niseko, hakuba valley et nozawa onsen
Le Japon est l’une des grandes destinations mondiales pour les sports d’hiver, même si cela reste encore méconnu de nombreux voyageurs européens. La région de Niseko, sur l’île d’Hokkaidō, est particulièrement réputée pour sa neige poudreuse abondante, parfois qualifiée de « champagne powder » par les amateurs. Avec plusieurs stations interconnectées, un large choix d’hébergements et une communauté internationale très présente, Niseko est parfaite si vous recherchez à la fois de bonnes pistes et une ambiance conviviale en après-ski. Les chutes de neige y sont parmi les plus importantes au monde, avec une moyenne de plus de 10 mètres par saison.
Sur l’île principale de Honshū, la Hakuba Valley, dans les Alpes japonaises, a accueilli plusieurs épreuves des Jeux olympiques d’hiver de Nagano en 1998. Elle propose un grand choix de domaines skiables adaptés à tous les niveaux, du débutant au freerider chevronné. Plus traditionnelles, les stations de Nozawa Onsen combinent ski et culture thermale : après une journée sur les pistes, vous pouvez vous détendre dans l’un des nombreux bains publics gratuits du village, alimentés par des sources chaudes naturelles. C’est comme si vous passiez d’un décor de carte postale de montagne à un tableau d’estampe japonaise en quelques minutes seulement.
Festival de neige de sapporo : sculptures monumentales à odori park
Parmi les événements phares de l’hiver au Japon, le festival de neige de Sapporo, organisé chaque année début février, occupe une place à part. Au cœur d’Odori Park, en plein centre-ville, d’immenses sculptures de neige et de glace sont érigées par des équipes venues de tout le pays, voire de l’étranger. Certaines installations peuvent atteindre plusieurs étages de hauteur et représentent des monuments célèbres, des personnages de la culture populaire ou des scènes de la vie quotidienne. À la nuit tombée, des jeux de lumière et de son transforment ces structures éphémères en un véritable spectacle multimédia.
En parallèle, d’autres sites autour de la ville accueillent des sculptures de glace plus détaillées, des toboggans pour les enfants et des stands de spécialités locales. C’est l’occasion idéale de goûter les produits de la mer d’Hokkaidō, réputés pour leur fraîcheur, ou de se réchauffer avec un bol de ramen bien fumant. Le festival attire plusieurs millions de visiteurs chaque année : pour profiter pleinement de l’événement, réservez vos hébergements et vos transports en avance, et prévoyez des vêtements vraiment adaptés au froid, avec bonnet, gants et chaussures isolantes.
Onsen en plein air : kusatsu, beppu et ryokan traditionnels sous la neige
Lorsqu’il fait froid dehors, rien n’égal l’expérience de s’immerger dans un onsen fumant, surtout si la neige tombe doucement autour de vous. Kusatsu Onsen, dans la préfecture de Gunma, est l’une des stations thermales les plus célèbres du Japon, réputée pour la qualité médicinale de ses eaux très riches en soufre. Au centre de la ville, le bassin Yubatake laisse s’échapper des volutes de vapeur jour et nuit, donnant à Kusatsu un aspect presque surnaturel en hiver. De nombreux ryokan y proposent des bains en plein air (rotenburo) avec vue sur la forêt ou les montagnes.
Plus au sud, Beppu, sur l’île de Kyūshū, impressionne par le nombre de sources chaudes jaillissant du sol, visibles à travers les « enfers » de Beppu (jigoku), des bassins d’eau colorée ou bouillonnante. Même si certains de ces sites ne sont pas destinés à la baignade, ils témoignent de la puissance géothermique de la région. Séjourner dans un ryokan traditionnel l’hiver, c’est aussi découvrir un autre rythme de vie : s’envelopper dans un yukata, déguster un dîner kaiseki composé de produits de saison, puis se glisser dans un futon bien chaud pour la nuit. Un peu comme si le Japon vous prenait dans ses bras pour vous protéger du froid.
Illuminations hivernales : kobe luminarie et nabana no sato
Enfin, l’hiver au Japon est illuminé – au sens propre – par de nombreux événements lumineux qui donnent aux villes une atmosphère féerique. Kobe Luminarie, organisé en décembre, est l’un des plus connus. Créé à l’origine en hommage aux victimes du grand tremblement de terre de 1995, il consiste en un parcours de structures lumineuses de style européen installées dans le centre-ville. Les arches et façades de lumière, composées de milliers d’ampoules, transforment les rues en cathédrales éphémères. La foule y est dense mais disciplinée, avançant lentement sous ce plafond de lumière qui semble flotter dans la nuit.
Nabana no Sato, un parc floral situé dans la préfecture de Mie, propose quant à lui l’une des plus grandes illuminations hivernales du pays, souvent de novembre à mars. Des tunnels de LED, des lacs illuminés et des mises en scène thématiques changent chaque année, attirant aussi bien les familles que les couples en quête d’une sortie romantique. Ces illuminations hivernales montrent que, même lorsque les journées sont courtes, le Japon sait prolonger la magie de la saison bien après le coucher du soleil. Pour en profiter au mieux, pensez à arriver peu avant la tombée de la nuit, afin de voir la transition entre le jour et l’instant où toutes les lumières s’allument comme par enchantement.
