# Que faire en cas d’urgence médicale au Japon : numéros utiles et hôpitaux
Voyager au Japon représente une expérience enrichissante, mais personne n’est à l’abri d’un problème de santé ou d’un accident durant son séjour. Savoir comment réagir face à une urgence médicale dans un pays étranger peut faire toute la différence entre une prise en charge rapide et une situation stressante qui s’aggrave. Le système de santé japonais figure parmi les plus performants au monde, avec des infrastructures modernes et un personnel médical hautement qualifié. Cependant, la barrière linguistique constitue souvent un obstacle majeur pour les voyageurs francophones ou anglophones. Comprendre les procédures d’urgence, connaître les numéros essentiels et identifier les établissements médicaux adaptés aux étrangers devient donc primordial avant même de poser le pied sur l’archipel nippon.
Les numéros d’urgence médicale essentiels au japon : 119, 110 et lignes d’assistance multilingues
Le système d’urgence japonais se distingue par son efficacité remarquable et sa rapidité d’intervention. Contrairement à de nombreux pays occidentaux qui utilisent un numéro unique pour toutes les urgences, le Japon a opté pour des numéros distincts selon la nature de l’incident. Cette organisation permet une orientation immédiate vers le service approprié et optimise les délais de réponse. Les deux numéros principaux à mémoriser absolument sont le 119 pour les urgences médicales et les incendies, et le 110 pour la police. Ces appels sont entièrement gratuits, même depuis les téléphones publics où aucune pièce n’est nécessaire.
Le 119 : appel direct aux services d’ambulance et pompiers japonais
Lorsque vous composez le 119, un opérateur vous répondra en japonais. La première information à communiquer concerne la nature de votre urgence : s’il s’agit d’un problème médical, vous devez dire « Kyukyusha onegaishimasu » (je demande une ambulance) ou « Kyubyo desu » (c’est une urgence médicale). En cas d’incendie, l’expression à utiliser est « Kaji desu » (il y a le feu). L’opérateur vous posera ensuite des questions sur votre localisation exacte, votre nom et votre numéro de téléphone. Si vous ne connaissez pas l’adresse précise, décrivez votre environnement avec le maximum de détails : la station de métro la plus proche, les enseignes commerciales visibles, ou même le numéro de série d’un distributeur automatique proche, car ces machines sont géolocalisées dans le système d’urgence japonais.
L’ambulance au Japon est un service totalement gratuit, contrairement à certaines idées reçues. Les ambulanciers arrivent généralement en moins de dix minutes dans les zones urbaines. Une fois sur place, ils évalueront rapidement votre état et vous transporteront vers l’hôpital le plus approprié. Durant le trajet, le personnel paramédical prendra vos constantes vitales et vous posera des questions sur vos antécédents médicaux, vos allergies éventuelles et les circonstances de l’incident. Il est recommandé de toujours avoir sur vous votre carte d’assurance maladie, votre passeport et, si possible, une liste de vos médicaments habituels traduite en anglais.
Utilisation du japan visitor hotline et du JNTO au 050-3816-2787
Pour les voyageurs confrontés à des difficultés
pour se repérer ou à la recherche d’un hôpital adapté, le Japan Visitor Hotline mis en place par l’Office national du tourisme japonais (JNTO) est une ressource précieuse. Accessible au 050-3816-2787, cette ligne d’assistance fonctionne 24h/24, 365 jours par an, en anglais, et parfois dans d’autres langues selon les créneaux. Vous pouvez appeler pour obtenir de l’aide en cas d’urgence médicale, de catastrophe naturelle, de perte de documents, ou simplement pour trouver un établissement de santé qui accepte les étrangers dans votre zone.
Le Japan Visitor Hotline joue un rôle de relais : l’opérateur peut vous expliquer la marche à suivre, vous aider à localiser un hôpital ou une clinique proche, et même vous assister si vous devez expliquer votre situation médicale en anglais à une structure qui parle peu cette langue. Pensez à noter ce numéro dans votre téléphone avant de partir, au même titre que le 119 et le 110. En complément, le site du JNTO propose un moteur de recherche d’hôpitaux adaptés aux voyageurs, classés par spécialité, langue parlée et région, ce qui permet de préparer en amont une liste d’établissements de référence proches de vos lieux de séjour.
Protocole de communication en anglais avec les opérateurs d’urgence
La perspective de devoir téléphoner en situation de stress, dans une langue qui n’est pas la vôtre, peut être intimidante. Pourtant, quelques réflexes simples vous permettront de communiquer efficacement avec les services d’urgence japonais. Lorsque vous appelez le 119 ou le 110, parlez lentement et clairement en anglais. Annoncez d’emblée : “This is an emergency. I speak English.” ou, si vous gérez quelques mots de japonais, “Eigo ga dekiru kata wa imasu ka ?” (y a‑t‑il quelqu’un qui parle anglais ?).
Structurez ensuite votre appel en trois blocs d’informations : quoi, où, qui. D’abord, décrivez la situation : “Medical emergency, chest pain”, “Traffic accident, one injured”, ou “Fire in the building”. Ensuite, indiquez votre localisation la plus précise possible (adresse, station de métro, nom d’un hôtel, numéro de série d’un distributeur automatique). Enfin, donnez votre nom et un numéro de téléphone joignable. Pensez à rester en ligne jusqu’à ce que l’opérateur vous dise explicitement de raccrocher : au Japon, c’est l’opérateur qui met fin à la communication une fois qu’il a toutes les informations nécessaires.
Pour gagner en sérénité, vous pouvez préparer à l’avance un petit mémo papier ou une note dans votre smartphone avec votre adresse au Japon écrite en japonais, le nom de votre hébergement, ainsi que quelques phrases types en anglais ou en japonais. Un peu comme on prépare un kit de premiers secours, ce “kit de phrases d’urgence” vous évitera de chercher vos mots au pire moment. N’hésitez pas non plus à demander à un Japonais à proximité (réception d’hôtel, passants, commerçants) d’appeler à votre place : la solidarité fonctionne très bien, surtout en cas d’urgence médicale.
Services téléphoniques d’interprétation médicale disponibles 24h/24
Au‑delà des lignes d’urgence classiques, le Japon s’est doté de plusieurs services d’interprétariat médical par téléphone, conçus pour accompagner les étrangers lors de leurs démarches de santé. Dans les grandes métropoles comme Tokyo, Kyoto, Osaka ou Fukuoka, des centres spécialisés peuvent faire le lien entre vous, le médecin et le personnel infirmier. Par exemple, à Tokyo, le service Himawari propose des informations médicales en plusieurs langues et, dans certains cas, une interprétation téléphonique lors de consultations. D’autres préfectures ont mis en place des centres similaires, souvent accessibles via des numéros dédiés 24h/24 ou élargis en soirée et week‑end.
Concrètement, comment cela fonctionne‑t‑il ? Vous appelez le centre d’interprétation, vous expliquez votre situation et le numéro de téléphone de l’hôpital où vous êtes pris en charge ou que vous souhaitez contacter. L’opérateur lance ensuite une conférence téléphonique à trois : vous, le professionnel de santé et lui‑même. Il traduit en temps réel vos symptômes, vos antécédents, les questions du médecin, les consignes de traitement ou les prescriptions. C’est un peu comme avoir un interprète personnel dans votre poche. Ce type de service est particulièrement utile pour décrire des symptômes complexes ou des allergies, où le moindre malentendu peut avoir des conséquences importantes.
Certains centres d’interprétation couvrent une dizaine de langues ou plus (anglais, français, espagnol, portugais, chinois, coréen, etc.) et sont financés par les municipalités ou les préfectures, ce qui les rend généralement gratuits pour l’usager. Lors de la préparation de votre voyage, prenez le temps de noter les numéros de ces services pour les villes où vous logerez le plus longtemps. Comme pour une assurance voyage, on espère ne jamais en avoir besoin, mais le jour où l’urgence se présente, vous serez soulagé d’avoir anticipé.
Hôpitaux internationaux à tokyo : st. luke’s, tokyo medical and surgical clinic et japan baptist hospital
La capitale japonaise concentre un grand nombre d’établissements de santé, des petites cliniques de quartier aux immenses hôpitaux universitaires. Parmi eux, certains sont particulièrement adaptés aux besoins des voyageurs étrangers grâce à la présence de médecins anglophones, de services d’interprétation et de formulaires bilingues. Disposer de quelques adresses de référence à Tokyo vous fera gagner un temps précieux en cas d’urgence, surtout si vous voyagez en famille ou si vous souffrez déjà d’une pathologie chronique. Dans cette section, nous nous concentrons sur trois établissements souvent recommandés aux expatriés et aux touristes.
St. luke’s international hospital à tsukiji : services anglophones et urgences 24h/24
Situé dans le quartier de Tsukiji, près de la baie de Tokyo, le St. Luke’s International Hospital est l’un des hôpitaux les plus réputés du pays. Fondé au début du XXe siècle, il est aujourd’hui un centre médical d’envergure internationale, bien rodé à l’accueil des patients étrangers. L’établissement dispose d’un service d’urgences ouvert 24h/24, avec un personnel habitué à communiquer en anglais, tant côté médecins que côté infirmières et administration. Pour les voyageurs, c’est souvent l’un des premiers noms qui ressort lorsqu’il s’agit de trouver un hôpital capable de gérer une urgence en anglais à Tokyo.
St. Luke’s propose un large éventail de spécialités : médecine interne, chirurgie, pédiatrie, cardiologie, gynécologie-obstétrique, orthopédie, etc. En pratique, si vous appelez une ambulance au 119 depuis le centre de Tokyo et que vous mentionnez St. Luke’s comme hôpital de préférence, les services de secours feront leur possible pour vous y transporter, dans la limite des disponibilités. L’hôpital est également doté de services de consultation non urgentes, de check-up complets et d’hospitalisation, ce qui peut être utile si votre problème de santé nécessite un suivi au‑delà de l’épisode aigu.
Comme dans beaucoup d’hôpitaux japonais, il est préférable d’avoir sur vous une assurance voyage solide, car les tarifs pour les non‑résidents peuvent être élevés, en particulier pour les examens d’imagerie (scanner, IRM) ou les hospitalisations en chambre individuelle. Toutefois, la qualité des infrastructures et la rapidité de prise en charge font de St. Luke’s un choix rassurant, notamment pour les urgences potentiellement graves (douleurs thoraciques, traumatisme, suspicion d’AVC, complications de grossesse, etc.).
Tokyo medical and surgical clinic à ebisu : consultations multilingues sans rendez-vous
Autre adresse bien connue de la communauté internationale : la Tokyo Medical and Surgical Clinic, située à Ebisu, un quartier central facilement accessible en train ou en métro. Il s’agit d’une clinique privée qui s’adresse en priorité aux expatriés et aux voyageurs de passage, avec des médecins formés en Europe ou en Amérique du Nord et habitués aux standards de communication occidentaux. L’anglais y est largement pratiqué, et il n’est pas rare d’y trouver des praticiens maîtrisant aussi d’autres langues, selon les périodes.
La clinique fonctionne principalement sur rendez-vous, mais elle peut également gérer des situations semi‑urgentes en journée, comme une grosse fièvre, une infection respiratoire, des douleurs aiguës ou des blessures mineures. En ce sens, elle joue un rôle intermédiaire entre le médecin traitant et les urgences hospitalières : un peu comme une “maison médicale” à l’occidentale. Vous pouvez généralement y consulter en médecine générale, pédiatrie, gynécologie, voire dans certaines spécialités, et les ordonnances délivrées sont utilisables dans les pharmacies japonaises classiques.
En revanche, il est important de garder à l’esprit que la Tokyo Medical and Surgical Clinic n’est pas un service d’urgences 24h/24 : pour les véritables urgences vitales, il faut continuer à passer par le 119 et les grands hôpitaux. Les consultations y sont souvent plus onéreuses que dans une clinique japonaise standard, mais la clarté des explications, la possibilité de poser toutes vos questions en anglais, et la familiarité avec les dossiers d’assurance étrangers constituent un avantage majeur si vous n’êtes pas à l’aise en japonais.
International catholic hospital à shinjuku et ses spécialités médicales
À Shinjuku, quartier animé et très fréquenté par les voyageurs, l’International Catholic Hospital (souvent connu sous le nom de Seibo Byoin) fait également partie des adresses recommandées pour les étrangers. Historiquement fondé par une congrégation catholique, l’établissement a longtemps entretenu des liens avec des communautés internationales, ce qui explique une certaine habitude à recevoir des patients étrangers et à proposer des services en anglais. On y retrouve des services de médecine interne, de chirurgie, de pédiatrie, de gynécologie, ainsi qu’un bloc obstétrical.
L’International Catholic Hospital dispose d’un service d’urgences, même si celui‑ci est généralement moins vaste que ceux des très grands hôpitaux universitaires. Il peut cependant être une bonne option pour des urgences non vitales ou des consultations rapides lorsqu’on séjourne à l’ouest de Tokyo. Là encore, l’anglais est la langue étrangère la plus utilisée, mais il est prudent d’emporter avec vous une liste de vos traitements habituels, de vos allergies et de vos antécédents, idéalement traduite en anglais pour faciliter l’entretien médical.
Cet hôpital illustre bien le fonctionnement du système hospitalier japonais : même pour des patients étrangers, la priorité reste la sécurité médicale et la pertinence de l’orientation vers le bon service. Il se peut donc que, pour des cas complexes (traumatismes lourds, neurochirurgie, grands brûlés, etc.), vous soyez redirigé vers un autre établissement mieux équipé. Ne le prenez pas comme un refus, mais comme un signe que le système cherche à vous adresser au bon endroit, un peu comme lorsqu’un médecin généraliste vous oriente vers un spécialiste plus pointu.
Tarification des consultations d’urgence dans les établissements internationaux
Une des questions les plus fréquentes reste : “Combien cela va‑t‑il me coûter ?” Au Japon, le coût des soins varie considérablement selon que vous êtes résident affilié à l’assurance maladie japonaise ou simple visiteur sans couverture locale. Dans les hôpitaux internationaux ou les cliniques privées destinées aux étrangers, le ticket d’entrée – c’est‑à‑dire les frais de première consultation – peut être sensiblement plus élevé que dans un établissement de quartier. À cela s’ajoutent les examens (radiographies, prises de sang, scanner, etc.), les médicaments et, le cas échéant, les frais d’hospitalisation.
À titre indicatif, une consultation d’urgence dans un grand hôpital international à Tokyo peut facilement atteindre plusieurs dizaines de milliers de yens, surtout si des examens complémentaires sont nécessaires. Sans assurance voyage, la facture peut représenter un budget conséquent. En revanche, si vous êtes couvert par une assurance voyage internationale ou une mutuelle qui rembourse les soins à l’étranger, vous pourrez généralement vous faire rembourser tout ou partie des frais, à condition de conserver soigneusement toutes les factures, ordonnances et comptes rendus médicaux. Pensez aussi à demander un reçu détaillé (ryoshusho) avec le détail des actes.
Les résidents étrangers affiliés à la National Health Insurance ou à une assurance sociale d’entreprise bénéficient, eux, du même système que les Japonais : environ 30 % des frais à leur charge, les 70 % restants étant pris en charge par l’assurance publique, y compris pour les soins d’urgence. C’est pourquoi, si vous prévoyez un séjour long (PVT, études, travail), il est vivement recommandé de vous inscrire dès que possible au système local, afin de ne pas avoir à avancer des sommes trop importantes en cas d’hospitalisation imprévue.
Centres médicaux avec personnel anglophone dans les principales villes japonaises
Si Tokyo concentre un grand nombre d’établissements internationaux, les autres grandes villes japonaises ne sont pas en reste. Osaka, Kyoto, Nagoya, Fukuoka ou encore Sapporo disposent chacune de centres médicaux avec du personnel anglophone ou de services dédiés aux résidents étrangers. L’enjeu, pour vous, est de repérer quelques adresses clés dans chaque zone, un peu comme on repère les stations de métro importantes sur une carte avant de partir. Cela vous évitera de perdre un temps précieux à chercher un hôpital au moment où vous en aurez le plus besoin.
Osaka : yodogawa christian hospital et saiseikai senri hospital
Dans la région du Kansai, et plus particulièrement à Osaka, le Yodogawa Christian Hospital fait figure de référence pour les patients étrangers. Fondé par une organisation chrétienne, cet hôpital a une longue tradition d’accueil international et propose des services en anglais, notamment dans les services de médecine interne, de chirurgie et de pédiatrie. Il est situé dans le nord d’Osaka, avec un accès relativement simple par les transports en commun, ce qui en fait une option intéressante pour les voyageurs séjournant dans la ville ou dans les environs.
Autre établissement notable : le Saiseikai Senri Hospital, situé à Suita, dans la banlieue nord d’Osaka. Cet hôpital général dispose de plusieurs spécialités et est habitué à recevoir des patients étrangers, en particulier grâce à la présence d’interprètes ou de personnel anglophone. Si vous séjournez près d’Umeda, d’Osaka Station ou sur la ligne menant à l’aéroport international du Kansai, il peut être judicieux de noter son nom et son adresse. Comme ailleurs au Japon, vous serez pris en charge en fonction de la gravité de votre cas, avec une priorité donnée aux urgences vitales.
Dans la pratique, vous n’aurez pas besoin de mémoriser tous les noms d’hôpitaux : il suffit de connaître un ou deux établissements de référence dans chaque grande ville, et de compter sur les opérateurs du 119 ou les services d’information médicale locaux pour confirmer vers quel centre vous orienter en cas de besoin.
Kyoto : japan baptist hospital et services d’urgence pour touristes
Kyoto, ancienne capitale impériale et destination touristique majeure, a également développé une offre médicale adaptée aux visiteurs étrangers. Le Japan Baptist Hospital, situé au nord‑est de la ville, est souvent cité comme l’un des hôpitaux les plus accessibles aux anglophones. Il propose des services de médecine générale, de chirurgie, d’obstétrique, de pédiatrie et d’urgences, avec des médecins et du personnel parlant anglais. Si vous logez dans le centre ou à l’est de Kyoto, il peut constituer une bonne base de recours en cas de souci médical sérieux.
La ville de Kyoto a par ailleurs mis en place un système d’interprétation téléphonique pour les appels au 119 dans plusieurs langues, dont l’anglais, le chinois, le coréen, l’espagnol et le portugais. Ainsi, si vous appelez les pompiers pour une urgence médicale, l’opérateur peut ajouter un interprète à la communication pour faciliter les échanges. De plus, le site web de l’office de tourisme de Kyoto et celui du JNTO répertorient des cliniques et hôpitaux avec médecins anglophones ou interprètes bénévoles, ce qui vous permet de préparer une petite liste avant de visiter temples et jardins.
Vous vous demandez peut‑être : “Et si je tombe malade un dimanche ou tard le soir ?” Là encore, la ville dispose de centres médicaux d’urgence fonctionnant en dehors des horaires habituels, ainsi que de services de garde pour certaines spécialités. Les numéros d’information municipaux ou le Japan Visitor Hotline peuvent vous indiquer, en temps réel, quel établissement est ouvert et capable de vous recevoir.
Fukuoka, sapporo et nagoya : cartographie des établissements internationaux
Au sud de l’archipel, Fukuoka est la grande porte d’entrée de Kyushu. Elle abrite plusieurs structures tournées vers les patients étrangers, comme le Fukuoka Asian Medical Support Center, qui offre un service d’orientation vers les hôpitaux et un interprétariat téléphonique dans de nombreuses langues, dont le français. En cas d’urgence médicale à Fukuoka, vous pouvez ainsi être redirigé vers un hôpital adapté et bénéficier d’un soutien linguistique pendant la consultation. Plusieurs centres d’urgences médicales fonctionnent également la nuit, les week‑ends et les jours fériés.
Plus au nord, Sapporo, capitale de l’île d’Hokkaido, dispose aussi d’hôpitaux avec personnel anglophone et de services municipaux d’information médicale. Là où la situation se complique parfois, c’est dans les stations de ski ou les zones rurales, mais les grandes cliniques orthopédiques proches des domaines de sports d’hiver sont généralement habituées à traiter des visiteurs internationaux victimes de chutes ou de fractures. Là encore, un appel au 119 ou au Japan Visitor Hotline permet de vous orienter vers l’établissement le plus proche et le mieux équipé.
À Nagoya, grande métropole industrielle située entre Tokyo et Osaka, plusieurs hôpitaux universitaires et cliniques privées proposent aussi des services en anglais. L’office du tourisme local et le JNTO publient des listes régulièrement mises à jour d’établissements acceptant les patients étrangers. Une bonne stratégie consiste à enregistrer sur votre smartphone une carte hors ligne (par exemple via une application de cartes) avec l’emplacement des principaux hôpitaux internationaux de chaque grande ville que vous prévoyez de visiter : en cas d’urgence, vous n’aurez plus qu’à suivre le GPS.
Système d’assurance maladie japonais et couverture des soins d’urgence pour étrangers
Comprendre le système d’assurance maladie japonais est essentiel pour anticiper vos dépenses de santé en cas d’urgence. Le Japon fonctionne sur un modèle d’assurance universelle : tous les résidents, japonais comme étrangers, doivent être affiliés soit à la National Health Insurance (NHI) gérée par les municipalités, soit à une assurance sociale d’entreprise pour les salariés. Dans ce cadre, l’assuré paie en principe 30 % du coût des soins, les 70 % restants étant pris en charge par le système, y compris pour les consultations d’urgence et les hospitalisations.
Les voyageurs de courte durée (touristes, séjours de quelques semaines) ne sont en revanche pas couverts par cette assurance publique. Ils doivent donc compter sur une assurance voyage internationale ou sur la couverture de leur carte bancaire haut de gamme. Sans cette protection, le moindre passage aux urgences peut vite devenir onéreux, notamment si des examens sophistiqués (scanner, IRM) ou une nuit d’hospitalisation sont nécessaires. On peut comparer cela à partir en randonnée en montagne sans manteau : tant que le temps est clément, tout va bien, mais en cas d’orage, vous risquez de le regretter.
Pour les séjours plus longs (PVT, études, travail), l’inscription à la NHI ou à l’assurance sociale de votre employeur est obligatoire et fortement avantageuse. En plus de réduire drastiquement votre reste à charge, elle vous donne accès au même niveau de soins d’urgence que les Japonais, y compris dans les grands hôpitaux universitaires. Certaines municipalités publient même des brochures en anglais ou en d’autres langues pour expliquer le fonctionnement du système, le mode de calcul des cotisations et les démarches à effectuer en cas de déménagement ou de changement de statut.
Quelle que soit votre situation, il est important d’anticiper la question financière : vérifiez avant le départ les plafonds de remboursement de votre assurance, les franchises éventuelles, les procédures de prise en charge directe (tiers payant) ou de remboursement a posteriori. Gardez à l’esprit qu’au Japon, les hôpitaux et les cliniques peuvent demander le règlement des frais le jour même, y compris pour les urgences, sauf en cas de situation critique nécessitant une prise en charge immédiate. D’où l’intérêt d’avoir une carte bancaire valide, une marge de crédit suffisante, et, idéalement, une copie numérique de votre police d’assurance à portée de main.
Pharmacies de garde et accès aux médicaments sans ordonnance au japon
En dehors des vraies urgences médicales, vous aurez peut‑être besoin d’acheter des médicaments courants : antalgiques, traitements pour le rhume, antihistaminiques, pansements, etc. Au Japon, ces produits sont vendus dans des pharmacies (yakkyoku) mais aussi dans de nombreuses drugstores (chaînes de parapharmacie) que l’on trouve à chaque coin de rue dans les grandes villes. Une partie des médicaments est en vente libre, tandis que d’autres nécessitent une ordonnance délivrée par un médecin. Les conditionnements et les dosages peuvent différer de ceux que vous connaissez en Europe, il est donc utile de demander conseil au pharmacien.
Pour les urgences en dehors des heures normales, il existe des pharmacies de garde désignées par les municipalités. Leurs coordonnées sont généralement affichées sur la porte des pharmacies fermées ou accessibles via les sites internet des villes et préfectures. Si vous ne lisez pas le japonais, vous pouvez appeler le Japan Visitor Hotline ou demander à la réception de votre hôtel de vérifier pour vous quelle pharmacie est ouverte la nuit ou le week‑end à proximité. Là encore, le mot‑clé sera “emergency pharmacy” ou “night‑time pharmacy”.
Sachez que certains médicaments courants en Europe ne sont pas disponibles ou sont strictement réglementés au Japon (notamment ceux contenant de la codéine ou certains stimulants). À l’inverse, certains traitements très faibles peuvent être vendus sans ordonnance. Pour éviter les mauvaises surprises, il est recommandé d’apporter avec vous une quantité raisonnable de vos médicaments habituels, accompagnés de leur notice et, si possible, d’une lettre de votre médecin en anglais. Cela vous évitera d’avoir à chercher un équivalent local en pleine nuit ou de vous heurter à des restrictions à l’importation.
En cas de traitement prescrit à l’hôpital, la procédure est généralement très carrée : vous recevez une ordonnance détaillée, parfois accompagnée d’un petit schéma explicatif, que vous remettez ensuite à la pharmacie partenaire de l’hôpital ou à une officine de votre choix. Les pharmaciens prennent le temps de vous expliquer le mode de prise (fréquence, avant ou après les repas, durée), même si vous ne parlez pas japonais, en utilisant des pictogrammes ou quelques mots d’anglais. N’hésitez pas à poser des questions, quitte à utiliser un traducteur sur votre téléphone pour lever tout doute.
Procédures administratives aux urgences : carte d’assuré, passeport et formulaires médicaux bilingues
Une fois arrivé aux urgences ou dans un centre médical, vous devrez passer par une étape incontournable : l’enregistrement administratif. Au Japon, cette procédure est très structurée, même en situation d’urgence. On vous demandera d’abord une pièce d’identité (passeport pour les voyageurs, carte de résident pour les expatriés), puis, si vous en avez une, votre carte d’assurance maladie japonaise ou votre carte d’assurance privée. Ces documents permettent au service administratif de créer ou de retrouver votre dossier et de déterminer comment seront facturés les soins.
Dans de nombreux établissements, en particulier ceux qui accueillent fréquemment des étrangers, les formulaires d’admission et les consentements médicaux sont disponibles en japonais et en anglais. On vous demandera de renseigner vos coordonnées au Japon, un contact d’urgence, vos antécédents médicaux, vos allergies, les médicaments que vous prenez régulièrement, ainsi que le motif de votre venue. Si vous ne vous sentez pas en état d’écrire ou de lire, demandez à un accompagnant, à un membre du personnel anglophone ou à un interprète téléphonique de vous aider : le plus important est que les informations transmises soient correctes.
Selon la gravité de votre état, le personnel médical peut bien sûr décider de vous prendre en charge immédiatement, avant même de compléter toutes les formalités, un peu comme aux urgences en Europe. Les questions administratives seront alors réglées une fois votre situation stabilisée. À la sortie, vous passerez généralement par un guichet de facturation où l’on vous remettra la note détaillée, les ordonnances et, si nécessaire, un compte rendu médical. Pensez à demander une version en anglais si vous devez transmettre ces documents à votre assurance ou à votre médecin traitant à votre retour.
Pour fluidifier ces démarches, il est judicieux de préparer en amont un “dossier santé de voyage” : photocopie de votre passeport, liste de vos traitements, résumé de vos antécédents médicaux, coordonnées de votre assurance et de votre médecin en France, le tout idéalement traduit en anglais. En cas d’urgence médicale au Japon, ce dossier jouera le rôle de raccourci administratif et médical, un peu comme un GPS vous évite de vous perdre dans une ville inconnue. Cela vous permettra de vous concentrer sur l’essentiel : recevoir les soins nécessaires, le plus rapidement et le plus sereinement possible.