Sendai : grande ville du tohoku entre modernité et spiritualité

Située à seulement 90 minutes en Shinkansen de Tokyo, Sendai incarne un équilibre fascinant entre dynamisme urbain et héritage spirituel profondément enraciné. Avec plus d’un million d’habitants, cette métropole du Tohoku a su préserver son identité culturelle tout en adoptant une architecture résolument moderne. Surnommée la « Cité des Forêts », elle offre aux visiteurs une expérience unique où les temples séculaires côtoient des gratte-ciels futuristes, et où les traditions artisanales se perpétuent au cœur d’une économie florissante. Après avoir surmonté les épreuves du séisme de 2011, Sendai rayonne aujourd’hui comme un symbole de résilience japonaise et constitue la porte d’entrée idéale pour explorer les richesses naturelles et culturelles de la région du Tohoku.

Sendai, capitale préfectorale du miyagi et métropole du tōhoku

Position géographique stratégique dans la baie de sendai

La ville s’étend sur plus de 786 kilomètres carrés le long de la baie de Sendai, sur la côte orientale de l’île principale d’Honshu. Cette localisation privilégiée offre à la métropole un accès direct à l’océan Pacifique tout en étant protégée par les montagnes du parc national de Bandai-Asahi à l’ouest. Le fleuve Hirose traverse élégamment le centre urbain, créant des espaces verts naturels appréciés des habitants. Vous découvrirez que cette position géographique a historiquement favorisé le développement économique de la région, permettant à Sendai de devenir le principal centre commercial et universitaire du nord-est japonais.

Histoire de la cité des forêts fondée par date masamune

En 1601, le légendaire daimyō Date Masamune établit son château sur le mont Aoba et fait de Sendai la capitale de son domaine féodal. Ce seigneur de guerre visionnaire, reconnaissable à son casque orné d’un croissant de lune et surnommé le « Dragon à un œil », a profondément marqué l’identité de la ville. Son ambition et son ouverture vers l’étranger – il envoya même une ambassade jusqu’au Vatican en 1613 – ont posé les fondations d’une cité tournée vers le progrès. Les larges avenues plantées d’arbres qu’il fit aménager valurent à Sendai son surnom de « Cité des Forêts », une caractéristique qui perdure quatre siècles plus tard. L’influence de Date Masamune reste omniprésente dans l’architecture, les festivités et même la gastronomie locale.

Reconstruction urbaine après le séisme de 2011

Le 11 mars 2011 reste gravé dans la mémoire collective comme une date charnière pour Sendai et toute la région du Tohoku. Le séisme de magnitude 9,0 suivi du tsunami dévastateur a particulièrement touché la zone côtière et l’aéroport. Pourtant, en moins d’une décennie, la ville a accompli une reconstruction remarquable qui force l’admiration. Les quartiers détruits ont été reconstruits avec des normes antisismiques renforcées, tandis que de nouvelles infrastructures ont vu le jour. Cette résilience témoigne de la force de caractère des habitants et de leur attachement profond à leur territoire. Aujourd’hui, Sendai affiche un taux de croissance économique supérieur à la

moyenne nationale, ainsi qu’une qualité de vie qui attire de plus en plus d’étudiants et de jeunes actifs. Pour le visiteur, cette reconstruction se traduit par un espace urbain sûr, bien organisé et ponctué de mémoriaux discrets qui rappellent l’événement sans jamais alourdir l’atmosphère. Vous remarquerez par exemple, en vous rendant vers la côte ou vers l’aéroport, des panneaux d’évacuation tsunami et des digues renforcées : autant d’éléments qui témoignent d’un urbanisme repensé à l’aune de la prévention des risques. La ville s’emploie également à promouvoir un tourisme responsable à Sendai, qui soutient les communautés locales tout en sensibilisant le public à la mémoire du 11 mars 2011.

Infrastructure de transport : sendai station et aéroport international

Au cœur de ce renouveau, les infrastructures de transport jouent un rôle central. La gare de Sendai, desservie par la ligne Tohoku Shinkansen, relie Tokyo en environ 90 minutes et constitue un véritable hub ferroviaire du Tohoku. Elle donne accès à de nombreuses lignes JR régionales, aux métros Namboku et Tozai, ainsi qu’au bus touristique Loople Sendai qui dessert les principaux sites historiques. En sortant de la gare, vous êtes immédiatement plongé dans un quartier moderne, animé de centres commerciaux et de restaurants où découvrir les spécialités locales.

À une vingtaine de kilomètres au sud-est du centre-ville se trouve l’aéroport de Sendai, relié par une ligne de train directe en moins de 30 minutes. Cet aéroport international propose des vols intérieurs fréquents vers Sapporo, Osaka ou Fukuoka, ainsi que des liaisons vers plusieurs villes d’Asie de l’Est. Pour un voyage au Tohoku en toute sérénité, cette double accessibilité rail–air fait de Sendai une porte d’entrée idéale. Les bus et taxis complètent l’offre, mais vous constaterez rapidement que les transports en commun suffisent largement pour explorer la métropole sans souci logistique.

Patrimoine spirituel et temples historiques de l’époque féodale

Zuihōden, mausolée du daimyō date masamune

Perché sur une colline boisée au sud-ouest du centre-ville, Zuihōden est l’un des lieux les plus emblématiques du patrimoine spirituel de Sendai. Il s’agit du mausolée de Date Masamune, ainsi que de plusieurs de ses descendants, niché au cœur d’une forêt de cryptomères centenaires. L’architecture richement décorée, aux laques noires et or et aux motifs colorés, illustre à merveille le style de l’époque Momoyama. En parcourant l’allée de pierre bordée de lanternes, vous avez presque l’impression de remonter le temps jusqu’à l’époque des seigneurs féodaux.

Le site a été partiellement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, puis reconstruit avec soin dans les années 1970 sur la base de documents historiques. Aujourd’hui, Zuihōden fait partie des visites incontournables pour comprendre l’héritage des Date et l’essor de la région du Tohoku à l’époque d’Edo. Un petit musée attenant expose des armures, des sabres et des objets funéraires retrouvés lors des fouilles archéologiques. Prévoyez une bonne heure pour gravir tranquillement les escaliers, profiter de la fraîcheur de la forêt et contempler les détails de ce mausolée féodal de Sendai.

Temple rinno-ji et ses jardins traditionnels japonais

À quelques arrêts de bus du centre, le temple Rinno-ji offre une parenthèse de sérénité idéale lors d’un séjour urbain à Sendai. Fondé au XVIIe siècle et rattaché à l’école Tendai du bouddhisme, ce temple est réputé pour son vaste jardin paysager conçu selon les principes du jardin de promenade. Étangs, ponts en bois, lanternes de pierre et érables se combinent pour créer des paysages changeants au fil des saisons. En automne, les feuillages rouges et dorés se reflètent dans l’eau et composent un spectacle prisé des amateurs de momijigari, la « chasse aux feuilles rouges ».

Le pavillon principal abrite plusieurs statues bouddhiques vénérées, tandis que des bâtiments annexes accueillent parfois des expositions d’art ou des cérémonies de thé. En flânant dans les allées, vous comprendrez mieux comment la spiritualité japonaise s’exprime à travers le dialogue subtil entre architecture et nature. Pour profiter pleinement du calme de Rinno-ji, il est conseillé de s’y rendre en matinée ou en semaine, lorsque le temple est moins fréquenté et que l’on peut vraiment apprécier ce jardin japonais traditionnel à Sendai comme un havre de paix.

Sanctuaire ōsaki hachimangū, trésor national du japon

Considéré comme l’un des joyaux architecturaux de Sendai, le sanctuaire Ōsaki Hachimangū fut érigé en 1607 à la demande de Date Masamune. Dédié au kami Hachiman, divinité protectrice des guerriers, il est le seul sanctuaire du Tohoku classé Trésor national dans sa globalité. Son pavillon principal est orné de laques noires, de dorures et de sculptures polychromes typiques de l’esthétique Momoyama, qui rappellent certains grands sanctuaires de Kyoto ou Nikkō. En approchant du bâtiment principal par la grande allée bordée de torii, vous ressentirez la solennité d’un lieu qui a accompagné toute l’histoire de la ville.

Ōsaki Hachimangū est également un centre vivant de la spiritualité shintoïste contemporaine. De nombreux rites de passage y sont célébrés, des bénédictions de voitures aux cérémonies pour les enfants. Le sanctuaire est particulièrement animé lors du Donto-sai en janvier, quand les habitants viennent brûler leurs décorations du Nouvel An pour purifier le passé et accueillir la nouvelle année. Pour qui souhaite découvrir un sanctuaire shinto authentique à Sendai, c’est un passage obligé, d’autant qu’il est facilement accessible en bus depuis le centre-ville.

Temple aoba-jinja au sommet du château d’aoba

Dominant la ville depuis le mont Aoba, le site de l’ancien château de Sendai abrite aujourd’hui les ruines des fortifications, une statue équestre de Date Masamune et le temple Aoba-jinja. Ce sanctuaire, dédié au célèbre daimyō, perpétue son culte en tant que figure tutélaire de la ville. De là-haut, la vue panoramique sur les gratte-ciels modernes, le fleuve Hirose et, par temps clair, l’océan Pacifique, illustre parfaitement le contraste entre modernité urbaine et héritage féodal. Vous constaterez à quel point la topographie a façonné l’histoire de Sendai : un château perché sur sa colline, protégé par les montagnes et tourné vers la mer.

Le site se visite agréablement en combinant balade historique et pause contemplative. Quelques panneaux explicatifs évoquent la construction du château au XVIIe siècle et sa destruction au cours de l’ère Meiji. Aoba-jinja, plus modeste que les grands sanctuaires de la ville, n’en dégage pas moins une atmosphère intime, particulièrement agréable au lever ou au coucher du soleil. En empruntant le bus Loople ou en montant à pied depuis le centre, vous profiterez d’une randonnée urbaine à Sendai qui relie passé et présent en quelques dizaines de minutes.

Modernité urbaine et architecture contemporaine du centre-ville

Aoba-dori, artère principale bordée de zelkovas centenaires

Aoba-dori traverse Sendai d’est en ouest et constitue l’une des grandes artères qui ont façonné l’identité de la « Cité des Forêts ». Bordée de zelkovas (ormes du Japon) aux troncs imposants, elle illustre la volonté ancienne de mêler verdure et urbanisme, héritée de la planification de Date Masamune. En parcourant cette avenue, vous remarquerez comment les bâtiments administratifs, les commerces et les immeubles de bureaux coexistent avec les alignements d’arbres, formant une véritable canopée urbaine. Aux beaux jours, l’ombre des feuillages transforme cette grande artère en promenade agréable, même en plein été.

Pour le voyageur, Aoba-dori est un bon repère géographique et un fil conducteur pour structurer la découverte du centre-ville. Elle relie la gare de Sendai à des quartiers plus résidentiels, tout en offrant de nombreuses possibilités de shopping ou de restauration. En hiver, certaines sections sont décorées de guirlandes lumineuses, prolongeant l’ambiance féerique des illuminations de Jozenji-dori voisine. Explorer Aoba-dori à pied, c’est un peu comme feuilleter un livre à ciel ouvert sur l’évolution de l’architecture à Sendai, du béton des années 1960 aux façades vitrées contemporaines.

Sendai mediatheque de toyo ito, architecture innovante

Sur Jozenji-dori, la Sendai Mediatheque signée par l’architecte Toyo Ito est devenue un symbole de la modernité culturelle de la ville. Inauguré en 2001, ce bâtiment cubique en verre et en acier repose sur de grands « tubes » structurels qui assurent à la fois la circulation, la lumière et la stabilité de l’édifice. Cette conception innovante a valu au projet une reconnaissance internationale en tant qu’exemple d’architecture contemporaine au Japon. De l’extérieur, le bâtiment ressemble à une lanterne translucide ; de l’intérieur, les plateaux ouverts et les perspectives verticales créent une sensation d’espace surprenante.

La Mediatheque abrite une bibliothèque publique, des espaces d’exposition et un centre dédié aux arts visuels. Même si vous ne lisez pas le japonais, vous pouvez y entrer librement pour admirer la structure, parcourir les expositions temporaires ou simplement profiter d’une pause au calme. Vous vous demandez comment une ville de taille moyenne parvient à proposer un tel équipement culturel d’avant-garde ? C’est précisément l’un des atouts de Sendai : investir dans des lieux qui nourrissent la vie intellectuelle et artistique autant que la convivialité du quotidien.

AER building et panorama urbain depuis le 31ème étage

À deux pas de la gare, la tour AER (prononcer « air ») domine le paysage avec ses 145 mètres de hauteur. Ce gratte-ciel multifonctionnel accueille des bureaux, des commerces et des services administratifs, mais son principal attrait pour les visiteurs est l’observatoire gratuit situé au 31e étage. De là, vous bénéficiez d’un panorama à 360° sur la ville, les montagnes au loin et, par temps clair, la côte pacifique. C’est l’endroit idéal pour prendre la mesure de l’ampleur de cette grande ville du Tohoku et planifier votre itinéraire en repérant les principaux repères urbains.

L’ascenseur vous mène en quelques secondes à l’étage de l’observatoire, où de larges baies vitrées permettent de photographier la skyline de Sendai sans reflets gênants. En fin de journée, l’horizon se teinte d’orange et de violet, tandis que les lumières de la ville s’allument progressivement, offrant une ambiance presque cinématographique. Vous avez peur des hauteurs ? Rassurez-vous, les espaces sont vastes et bien sécurisés, et l’on profite plus du panorama que du vertige. AER s’inscrit ainsi comme un symbole de modernité architecturale à Sendai, tout en restant très accessible au grand public.

Quartier commercial d’ichibancho et galeries couvertes

Au sud d’Aoba-dori, le quartier d’Ichibancho concentre une grande partie de l’animation commerçante de Sendai. Les galeries couvertes shotengai comme Sunmall Ichibancho, Marble Road Omachi ou Vlandome Ichibancho offrent un environnement protégé de la pluie et de la neige, propice au lèche-vitrine toute l’année. On y trouve un mélange de grandes enseignes nationales, de boutiques de mode indépendantes, de cafés, de librairies et de magasins spécialisés. Pour qui souhaite vivre le quotidien des habitants de Sendai, flâner sous ces arcades est une expérience incontournable.

Les galeries se parent de décorations saisonnières, notamment lors du Tanabata Matsuri où d’immenses banderoles colorées pendent des plafonds. Entre deux achats, vous pouvez faire une pause dans un café pour déguster un dessert au zunda ou un latte matcha. Comparé aux quartiers ultra-denses de Tokyo, Ichibancho reste à taille humaine, mais il n’en dégage pas moins une énergie commerciale très vivante. C’est aussi un bon endroit pour acheter des souvenirs gourmands de Sendai, comme des biscuits au zunda ou des sachets de gyutan sous vide.

Gastronomie locale : spécialités culinaires de sendai

Gyutan, langue de bœuf grillée emblématique

Impossible de parler de Sendai sans évoquer son plat emblématique : le gyutan, ou langue de bœuf grillée. Né dans l’immédiat après-guerre dans un petit restaurant de la ville, ce mets est devenu un symbole de la gastronomie de Sendai. Les tranches de langue, soigneusement parées, sont marinées puis grillées au charbon, ce qui leur confère une texture à la fois tendre et légèrement croquante. Servi avec du riz, une soupe de queue de bœuf et des légumes marinés, le gyutan offre un repas complet, particulièrement apprécié des voyageurs en quête de saveurs locales.

Autour de la gare de Sendai, la fameuse « Gyutan Dori » rassemble plusieurs établissements spécialisés, chacun ayant sa propre recette secrète de marinade et de cuisson. Vous hésitez à goûter ce plat parce qu’il sort de vos habitudes ? Pensez-le plutôt comme une pièce de bœuf finement tranchée, à la manière d’un magret de canard ou d’un onglet grillé : la surprise est souvent très positive. Pour une première expérience, nous vous conseillons de commander un menu gyutan à Sendai classique, avant de tester des variations comme le gyutan en curry ou en ragoût.

Zunda-mochi, pâtisserie aux edamames écrasés

À l’opposé du caractère carné du gyutan, le zunda-mochi illustre la douceur végétale de la cuisine de Sendai. Ce dessert traditionnel se compose de mochi (gâteaux de riz gluants) nappés d’une pâte verte préparée à base d’edamames (fèves de soja immatures) écrasés, légèrement sucrés. Le goût, à mi-chemin entre la purée de pois et la pistache, est à la fois rafraîchissant et réconfortant. Crémeux sans être écœurant, le zunda-mochi est souvent servi avec du thé vert, ce qui en fait une pause idéale lors d’une journée de visite.

Sendai a su moderniser cette spécialité en la déclinant en glaces, milkshakes, dorayaki fourrés ou encore en tartines pour le petit-déjeuner. Dans les boutiques proches de la gare, vous trouverez facilement des coffrets de zunda-mochi à rapporter comme souvenir gourmand. Vous craignez que la texture du mochi ne soit trop collante ? Essayez d’abord une boisson au zunda ou une glace, qui offrent une approche plus douce de cette saveur typique de la région du Tohoku.

Sasakamaboko, kamaboko en forme de feuille de bambou

Autre spécialité locale, le sasakamaboko est une sorte de « cake de poisson » (kamaboko) moulé en forme de feuille de bambou et grillé jusqu’à obtenir une légère coloration dorée. Préparé à partir de chair de poisson blanc finement hachée et assaisonnée, il se déguste chaud, parfois avec une pointe de wasabi ou de sauce soja. Sa texture élastique mais moelleuse et son goût délicatement iodé en font un encas populaire, apprécié des familles comme des voyageurs. On pourrait le comparer à une version japonaise et plus raffinée de la quenelle ou du surimi artisanal.

Plusieurs fabricants historiques de sasakamaboko sont installés à Sendai, et certains proposent même des ateliers où l’on peut façonner puis griller soi-même sa feuille de bambou. Une activité parfaite si vous voyagez en famille ou si vous souhaitez ajouter une dimension ludique à votre découverte de la cuisine de Sendai. Dans les gares et les aéroports, le sasakamaboko sous vide se prête bien à la conservation, ce qui en fait un souvenir facile à transporter, à déguster plus tard comme amuse-bouche avec un verre de saké.

Festivals traditionnels et manifestations culturelles annuelles

Tanabata matsuri, festival des étoiles en août

Chaque année du 6 au 8 août, Sendai se pare de milliers de décorations colorées pour célébrer le Tanabata Matsuri, l’un des plus célèbres festivals des étoiles du Japon. Inspiré d’une légende chinoise relatant l’amour contrarié de deux astres séparés par la Voie lactée, ce festival voit les rues commerçantes d’Ichibancho et de Chuo-dori se couvrir de longues banderoles de papier suspendues au plafond. Marcher sous ces cascades multicolores donne l’impression de traverser une forêt de vœux et de prières, écrits par les habitants sur de petits papiers accrochés au bambou.

Des défilés, concerts et stands de nourriture de rue complètent l’ambiance festive, attirant chaque année plus de deux millions de visiteurs. Pour profiter pleinement du Tanabata de Sendai, il est conseillé de réserver son hébergement plusieurs mois à l’avance et de prévoir au moins deux journées sur place. Vous vous demandez si cela vaut vraiment le détour en été, saison parfois chaude et humide ? Les soirées sont souvent plus agréables, et l’atmosphère féérique des illuminations et des feux d’artifice compense largement les quelques degrés supplémentaires.

Sendai pageant of starlight, illuminations hivernales

En décembre, c’est au tour de l’hiver de magnifier la « Cité des Forêts » avec le Sendai Pageant of Starlight. Sur Jozenji-dori, plusieurs centaines de milliers de petites ampoules LED sont enroulées autour des zelkovas, transformant l’avenue en tunnel de lumière dorée. Lorsque l’illumination s’allume pour la première fois, souvent à la suite d’un compte à rebours collectif, un murmure émerveillé parcourt la foule, comme lors d’un lever de rideau au théâtre. L’événement dure généralement de début décembre à la fin du mois, offrant de nombreuses occasions d’admirer ce spectacle lumineux à Sendai.

Cette manifestation, née dans les années 1980, est devenue un rendez-vous incontournable pour les habitants comme pour les touristes. Couples, familles et groupes d’amis se retrouvent le long de l’avenue, parfois une boisson chaude à la main, pour se prendre en photo sous les arcs lumineux. Vous avez en tête les illuminations de Lyon ou de certaines capitales européennes ? Le Pageant of Starlight s’en rapproche par son ampleur, tout en gardant une atmosphère plus intime, grâce à la présence omniprésente des arbres et à l’échelle humaine de Jozenji-dori.

Aoba matsuri, célébration de date masamune en mai

Au printemps, le Aoba Matsuri rend hommage à Date Masamune et à l’histoire féodale de Sendai. Organisé généralement mi-mai, ce festival se compose de deux volets : le Yoi Matsuri, soirée d’ouverture ponctuée de stands et d’animations, et le Hon Matsuri, jour principal marqué par de grands défilés. Des chars décorés, des troupes de danseurs de sparrow dance (Suzume Odori) et des cortèges en armures de samouraïs parcourent le centre-ville. Le contraste entre ces costumes d’époque et les immeubles modernes renforce l’impression de vivre un pont temporel, où le passé fait irruption dans le présent.

Les Suzume Odori, avec leurs éventails et leurs pas rapides rappelant le saut des moineaux, auraient été créées pour divertir Date Masamune lors de la construction du château. Aujourd’hui, des groupes venant de tout le Tohoku participent aux chorégraphies, offrant un spectacle dynamique et coloré. Si vous envisagez un voyage à Sendai au printemps, caler votre séjour sur le Aoba Matsuri vous permettra de découvrir la fierté locale pour le clan Date, dans une ambiance chaleureuse et familiale.

Sendai comme base d’exploration touristique du tōhoku

Matsushima, l’une des trois vues les plus célèbres du japon

À environ 40 minutes de train à l’est de Sendai se trouve Matsushima, petite baie parsemée de plus de 250 îlots couverts de pins, classée parmi les « trois plus belles vues du Japon » (Nihon Sankei). Depuis les quais, des bateaux de croisière vous emmènent glisser au milieu de ces rochers sculptés par le temps, offrant des perspectives sans cesse renouvelées. Les poètes et peintres de l’époque d’Edo y voyaient un paysage digne des estampes les plus raffinées, et l’on comprend vite pourquoi en approchant les îlots enveloppés de brume ou baignés de lumière dorée au coucher du soleil. Matsushima est ainsi l’excursion côtière la plus emblématique à prévoir lors d’un séjour à Sendai.

Outre la beauté naturelle de la baie, Matsushima abrite le temple Zen Zuigan-ji et le pavillon Godaido, relié à la terre par un petit pont rouge photogénique. Les promenades à pied le long du rivage ou sur certains îlots accessibles complètent agréablement la croisière. Pour optimiser votre journée, partez le matin depuis Sendai Station, déjeunez sur place (huîtres et fruits de mer sont une spécialité locale), puis revenez en fin d’après-midi. Vous aurez ainsi un aperçu complet de cette baie mythique près de Sendai, tout en gardant votre base logistique dans la grande ville.

Akiu onsen, station thermale historique proche de la ville

À l’ouest de Sendai, à environ 30 minutes en bus, Akiu Onsen offre une immersion dans la tradition des bains chauds japonais. Cette station thermale, connue depuis plus de 1 500 ans, aurait été fréquentée par la cour impériale dès l’Antiquité. Nichée dans une vallée boisée, elle accueille de nombreux ryokan (auberges traditionnelles) disposant de bains intérieurs et de bassins extérieurs (rotenburo). Imaginez-vous plongé dans une eau chaude riche en minéraux, tandis que la brume matinale flotte au-dessus de la rivière Natori et que les montagnes environnantes se parent de couleurs automnales : difficile de faire plus dépaysant.

Akiu Onsen constitue une excellente escapade d’une journée ou d’une nuit depuis Sendai, particulièrement appréciée après plusieurs jours de visites intensives. Certains établissements ouvrent leurs bains aux visiteurs de passage en formule day-use, ce qui permet de profiter des bienfaits des sources sans y séjourner. À proximité, ne manquez pas les gorges de Rairaikyo ou la cascade d’Akiu Otaki, qui offrent de belles possibilités de randonnée légère. En combinant onsen et nature près de Sendai, vous découvrez une autre facette du Tohoku, plus contemplative et intimement liée au volcanisme de la région.

Parc national de Bandai-Asahi et montagnes environnantes

Enfin, pour les amateurs de grands paysages, Sendai constitue un point de départ pratique vers le parc national de Bandai-Asahi et les massifs environnants. Ce vaste territoire montagneux, partagé entre plusieurs préfectures, rassemble des volcans actifs, des lacs colorés, des marais d’altitude et des forêts profondes. Le mont Zaō, situé à la frontière entre Miyagi et Yamagata, est particulièrement connu pour son cratère Okama, surnommé le « lac aux cinq couleurs » en raison des variations de teintes de son eau au fil des saisons. En hiver, la station de ski de Zaō attire également pour ses « monstres de neige », ces arbres recouverts de givre qui prennent des formes fantomatiques.

Plus au sud, autour du mont Bandai et des étangs de Goshikinuma, des sentiers de randonnée balisés permettent de découvrir les paysages volcaniques sans nécessité d’être alpiniste chevronné. En partant tôt le matin de Sendai en train ou en voiture de location, il est possible d’organiser des excursions à la journée dans ce parc national du Tohoku, avant de revenir profiter du confort urbain le soir venu. C’est un peu comme si Sendai jouait le rôle de camp de base moderne, d’où l’on s’élance vers un Japon plus sauvage et confidentiel, fait de sommets, de sources chaudes et de villages préservés.

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