Une journée à nikko : entre sanctuaires et nature spectaculaire

Nichée au cœur des montagnes de la préfecture de Tochigi, Nikko incarne l’essence même du patrimoine culturel et naturel japonais. Cette ancienne cité religieuse, située à seulement deux heures de Tokyo, offre une immersion totale dans l’histoire du shogunat Tokugawa et la spiritualité nippone. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999, Nikko conjugue harmonieusement architecture sacrée, artisanat traditionnel et paysages naturels d’une beauté saisissante. Le proverbe japonais « Nikko wo minai uchi wa kekko to iu na » – « Ne dites jamais magnifique avant d’avoir vu Nikko » – témoigne de la réputation légendaire de cette destination incontournable.

Planification stratégique de votre itinéraire nikko : optimisation temporelle et transport

L’organisation d’une excursion à Nikko nécessite une planification minutieuse pour maximiser votre temps sur place. La ville étant relativement compacte, une journée bien orchestrée permet de découvrir les sites essentiels tout en savourant l’atmosphère unique des lieux. L’idéal consiste à partir tôt de Tokyo, vers 7h30-8h00, pour arriver à Nikko avant l’affluence touristique matinale.

Accès ferroviaire via la ligne tobu nikko depuis asakusa et shinjuku

La ligne Tobu constitue l’option la plus directe et économique pour rejoindre Nikko depuis Tokyo. Le Limited Express Spacia relie Asakusa à Tobu-Nikko en 1h50, offrant un confort optimal avec sièges réservés et larges baies vitrées pour admirer les paysages ruraux. Le tarif s’élève à 2 800 yens pour un trajet simple, incluant le supplément express. Depuis Shinjuku, la liaison s’effectue via un changement à Shimo-Imaichi, prolongeant le voyage de 30 minutes supplémentaires.

Les trains régionaux Rapid proposent une alternative plus économique à 1 360 yens, mais nécessitent 2h10 de trajet. Cette option convient parfaitement aux voyageurs disposant de plus de temps et souhaitant économiser sur les frais de transport. La fréquence des départs permet une flexibilité appréciable, avec des trains toutes les 30 minutes en moyenne.

Pass nikko world heritage area et tarification combinée JR east

Le pass Nikko World Heritage Area représente un investissement judicieux pour une exploration complète de la région. Proposé à 2 670 yens, ce forfait inclut l’aller-retour depuis Asakusa, les transports locaux en bus et les réductions sur certaines attractions. Pour les détenteurs du JR Pass, l’itinéraire via Utsunomiya constitue une alternative gratuite, malgré un temps de trajet légèrement supérieur avec correspondance obligatoire.

La stratégie tarifaire optimale dépend de votre programme : le pass Tobu s’avère rentable pour une visite concentrée sur le centre historique, tandis que le JR Pass favorise les excursions incluant le lac Chuzenji et les chutes Kegon. Les bus locaux acceptent les cartes IC standards (Suica, Pasmo), simplifiant considérablement les déplacements urbains.

Chronométrage optimal des visites selon les heures d’affluence touristique

L’affluence touristique suit des cycles prévisibles qu’il convient d’anticiper

L’affluence touristique suit des cycles prévisibles qu’il convient d’anticiper pour profiter pleinement des sanctuaires de Nikko. Entre 10h30 et 14h, les groupes en excursion depuis Tokyo saturent les allées du Toshogu et les bus en direction du lac Chuzenji. En arrivant à Nikko vers 9h, vous pouvez commencer par le pont Shinkyo et le sanctuaire Futarasan-jinja, généralement plus calmes en début de matinée, puis enchaîner sur le complexe Toshogu avant le pic de fin de matinée. L’après-midi se prête davantage aux merveilles naturelles comme les chutes Kegon ou le sentier de Senjogahara, où la densité de visiteurs se dilue sur les chemins. En haute saison (momiji d’automne fin octobre-début novembre et Golden Week), réservez vos billets de train à l’avance et prévoyez des marges de temps pour les files d’attente aux bus et guichets.

Stationnement automobile au complexe toshogu et navettes locales

Si vous choisissez de louer une voiture pour votre journée à Nikko, la question du stationnement près des sanctuaires est cruciale. Plusieurs parkings payants encadrent le complexe Toshogu, avec un tarif moyen de 500 à 700 yens pour la première heure, puis facturation à la demi-heure. Le parking principal, signalé sur la route nationale 119, offre un accès direct au Toshogu et au Futarasan-jinja en moins de 5 minutes à pied, ce qui en fait un excellent point de départ pour votre itinéraire. Toutefois, ces emplacements se remplissent rapidement les week-ends et jours fériés, il est donc recommandé d’arriver avant 9h30 pour éviter de tourner longtemps.

Pour limiter la circulation autour des sites UNESCO, la ville a mis en place un réseau de bus circulaires reliant la gare JR Nikko, Tobu-Nikko, le pont Shinkyo, le Toshogu et, plus haut dans la vallée, le lac Chuzenji. Même si vous êtes véhiculé, il peut être pertinent de garer votre voiture près de la gare et d’utiliser ces navettes pour rejoindre les sites les plus fréquentés. Les bus World Heritage circulent toutes les 15 à 20 minutes et sont inclus dans la plupart des pass Tobu ou JR combinés. Cette solution hybride voiture + bus permet d’alléger le stress du stationnement tout en conservant la flexibilité de l’automobile pour explorer les zones plus reculées du parc national de Nikko.

Complexe sanctuaire toshogu : architecture edo et patrimoine UNESCO

Le sanctuaire Toshogu constitue le cœur historique et spirituel de Nikko, concentrant à lui seul une grande partie de l’architecture décorative de l’époque Edo. À la différence des sanctuaires shinto plus sobres que l’on rencontre ailleurs au Japon, Toshogu affiche un faste assumé : or, laques polychromes et sculptures foisonnantes recouvrent chaque surface. Cette profusion n’est pas seulement esthétique ; elle affirme la puissance du clan Tokugawa qui a unifié le pays au XVIIe siècle. En parcourant les différentes enceintes, vous traversez en réalité un véritable manifeste politique sculpté dans le bois de cyprès et figé par la laque urushi.

Mausolée tokugawa ieyasu et techniques de laque urushi traditionnelle

Le mausolée de Tokugawa Ieyasu, fondateur du shogunat, se situe au sommet d’un long escalier de pierre qui s’enfonce dans la forêt de cèdres. Après l’exubérance des bâtiments principaux, la sobriété de l’Okusha, recouvert de laque noire et de fines dorures, frappe immédiatement le visiteur. Cette retenue apparente met en valeur le travail remarquable de laque urushi, une technique japonaise pluriséculaire utilisant la résine d’un arbre endémique. Appliquée en couches successives extrêmement fines, puis polie, elle confère au bois une profondeur et une résistance hors du commun, parfois comparables à de la pierre précieuse.

Les artisans de l’époque Edo ont porté cette technique à un niveau rarement atteint, combinant laque noire brillante, incrustations d’or et motifs végétaux stylisés. En observant attentivement les panneaux et les portes du mausolée, vous distinguerez des reflets subtils qui changent selon l’angle de la lumière, un peu comme la surface d’un lac au coucher du soleil. Pour apprécier pleinement ces détails, prenez le temps de marcher lentement autour de l’enceinte, en vous attardant sur les jonctions entre les éléments en bois, presque invisibles grâce à la maîtrise des assembleurs. Une bonne astuce consiste à venir dans les heures plus calmes de la journée ; le silence renforce l’impression de recueillement qui règne autour de la tombe du shogun.

Yomeimon gate : sculpture polychrome et symbolisme des 508 ornements

La porte Yomeimon est souvent décrite comme la porte la plus décorée du Japon, et il suffit de lever les yeux pour comprendre pourquoi. Plus de 500 sculptures ornent sa structure, représentant animaux réels et mythologiques, sages chinois, fleurs et motifs géométriques. Chaque figure possède une signification symbolique, formant un immense livre d’images gravées dans le bois. Par exemple, les dragons rappellent la protection des lieux sacrés, tandis que les lions et kirin incarnent la justice et la droiture, qualités essentielles pour un bon gouvernant selon la pensée confucéenne adoptée par les Tokugawa.

La polychromie résulte d’une combinaison de pigments minéraux et végétaux fixés par la laque, ce qui explique la fraîcheur étonnante des couleurs malgré les siècles écoulés. Un détail célèbre attire particulièrement les curieux : l’un des piliers a été volontairement monté à l’envers afin de signifier que l’œuvre n’est jamais totalement achevée, conjurant ainsi le mauvais sort lié à la perfection absolue. Saurez-vous le repérer sans l’aide d’un guide ? Pour vous y aider, observez les motifs floraux et cherchez celui dont l’ordre paraît inversé. Prendre quelques minutes pour analyser ces reliefs, plutôt que de simplement les photographier, transforme la visite en véritable jeu de piste culturel.

Nemuri-neko de hidari jingoro et maîtrise artisanale du bois de cyprès

Parmi les trésors les plus célèbres de Nikko, le Nemuri-neko, ou « chat endormi », occupe une place à part. Sculpté dans le bois de cyprès par l’artisan légendaire Hidari Jingoro, ce petit félin assoupi surplombe la porte qui mène au mausolée d’Ieyasu. Sa taille modeste contraste fortement avec l’ampleur du sanctuaire, mais c’est justement cette discrétion qui renforce son aura. À première vue, la sculpture semble simple ; en s’approchant, on distingue pourtant la finesse des poils, la rondeur du corps et l’expression paisible du visage, obtenues à l’aide d’outils manuels extrêmement précis.

Le choix du cyprès japonais (hinoki) n’est pas anodin : ce bois léger mais résistant se travaille facilement et supporte bien les variations d’humidité, un atout dans le climat montagnard de Nikko. Le Nemuri-neko forme un diptyque symbolique avec les moineaux sculptés de l’autre côté de la porte. Les oiseaux peuvent voleter en toute sérénité parce que le chat dort, image d’un monde en paix sous le règne des Tokugawa. En prenant le temps de contempler cette scène, vous saisirez comment un simple motif animalier résume l’idéal politique de l’époque Edo : une force tranquille, prête à se réveiller si l’harmonie est menacée.

Enceinte sacrée okusha et rituel de purification au temizuya

Avant de pénétrer plus profondément dans l’enceinte sacrée d’Okusha, il est d’usage de se purifier au temizuya, le bassin d’ablution situé à l’entrée du sanctuaire. Ce geste, à la fois simple et hautement symbolique, marque la transition entre le monde profane et l’espace sacré. À l’aide de la louche en bois, vous rincez d’abord votre main gauche, puis la droite, avant de porter un peu d’eau à vos lèvres sans toucher la louche, et enfin de la rincer à nouveau. En quelques mouvements, le visiteur est invité à déposer, ne serait-ce qu’un instant, ses préoccupations quotidiennes pour se rendre disponible à l’expérience spirituelle.

Le chemin qui mène à l’Okusha serpente ensuite à travers une forêt dense de cèdres géants, dont certains dépassent les 300 ans. Vous avez parfois l’impression de remonter le temps, tant le bruit des pas sur les marches de pierre se confond avec le chant des oiseaux et le vent dans les branches. Arrivé au sommet, le contraste entre le tumulus funéraire relativement modeste et la monumentalité des portes et escaliers en contrebas est saisissant. Ce dépouillement volontaire rappelle que, malgré l’apparat du pouvoir temporel, la mort ramène tous les hommes à une même simplicité. Prendre quelques minutes de silence ici, loin de la foule, fait partie des expériences les plus fortes d’une journée à Nikko.

Sanctuaire futarasan-jinja : spiritualité shinto et mont nantai sacré

À quelques pas du Toshogu, le sanctuaire Futarasan-jinja offre une immersion plus intime dans la spiritualité shinto, en étroite relation avec la nature environnante. Fondé au VIIIe siècle par le moine Shodo Shonin, il est dédié aux kami des trois montagnes sacrées de Nikko : le mont Nantai, le mont Nyoho et le mont Taro. Là où Toshogu impressionne par son faste, Futarasan séduit par sa sobriété et son atmosphère apaisante, idéale pour comprendre le lien profond qui unit les Japonais à leurs paysages. Les bâtiments en bois non laqué et les nombreux arbres sacrés créent une continuité visuelle entre l’architecture et la forêt.

Culte des kami montagnards et pèlerinage vers le sommet volcanique

Dans la tradition shinto, les montagnes sont considérées comme des demeures de divinités, et le mont Nantai ne fait pas exception. Futarasan-jinja constitue le point de départ historique du pèlerinage vers son sommet, culminant à 2 486 mètres. De nos jours, l’ascension reste possible durant la belle saison, généralement de mai à octobre, en s’acquittant d’un droit d’entrée au sanctuaire qui gère le sentier. Comptez entre 3 et 4 heures de montée soutenue pour rejoindre le sommet, où un petit oratoire attend les randonneurs courageux. Par temps clair, la vue sur le lac Chuzenji et le parc national de Nikko récompense largement l’effort fourni.

Même si vous ne prévoyez pas de grimper jusqu’au cratère, prendre conscience de cette dimension pèlerine enrichit votre visite du sanctuaire. Chaque torii, chaque corde sacrée shimenawa suspendue aux arbres signale la présence invisible des kami montagnards. Pensez à respecter le calme des lieux et à suivre les quelques règles affichées, comme éviter de ramasser des pierres ou de sortir des sentiers balisés. En adoptant cette attitude respectueuse, vous participez à la préservation d’un espace spirituel toujours vivant pour les habitants de Nikko.

Architecture shinden-zukuri et intégration paysagère harmonieuse

L’architecture de Futarasan-jinja s’inspire du style shinden-zukuri, développé à l’origine pour les résidences aristocratiques de l’époque Heian. Toits à deux versants recouverts d’écorce de cyprès, vérandas ouvertes sur les jardins et larges espaces couverts mais non clos créent une circulation fluide entre intérieur et extérieur. Contrairement à Toshogu, ici les couleurs restent discrètes : le bois patiné par le temps domine, ponctué de quelques éléments vermillon et de ferronneries sombres. Cette palette naturelle permet une intégration presque organique au paysage forestier, comme si le sanctuaire avait poussé en même temps que les arbres qui l’entourent.

En vous promenant dans l’enceinte, prêtez attention aux perspectives soigneusement composées : une allée encadrée d’arbres menant à un petit pont de pierre, un bassin reflétant les branches au-dessus, ou encore un torii placé de manière à cadrer une portion de montagne au loin. Ces mises en scène, comparables à des tableaux vivants, traduisent la recherche d’harmonie propre à l’esthétique japonaise. Si vous aimez la photographie, Futarasan-jinja se révèle un terrain de jeu idéal pour capturer ces dialogues subtils entre architecture et nature, surtout tôt le matin lorsque la lumière est encore douce.

Cérémonie yabusame et démonstrations équestres traditionnelles

Futarasan-jinja est également connu pour accueillir régulièrement des démonstrations de yabusame, une forme spectaculaire de tir à l’arc à cheval née à l’époque des samouraïs. Lors de ces cérémonies, des archers en tenue traditionnelle galopent le long d’une piste et décochent des flèches sur des cibles en bois, sous les acclamations du public. Au-delà de la prouesse physique, le yabusame illustre parfaitement l’idée de concentration absolue chère aux arts martiaux japonais : cavalier, cheval et arc ne font plus qu’un, dans un mouvement fluide et précis.

Les dates de ces événements varient selon les années, mais ils sont souvent programmés au printemps et en automne, à l’occasion de grandes fêtes shinto. Si votre journée à Nikko coïncide avec l’une de ces démonstrations, n’hésitez pas à y assister : c’est une occasion rare de voir revivre des gestes hérités des guerriers de l’époque féodale. Arrivez en avance pour vous placer le long de la piste et respecter les consignes de sécurité, car les chevaux passent à grande vitesse à quelques mètres seulement des spectateurs. Même sans comprendre tous les codes du rituel, vous serez probablement impressionné par la combinaison de puissance et d’élégance qui se dégage de ces courses.

Temple rinnai-ji et bouddhisme tendai : méditation contemplative

Souvent orthographié Rinno-ji, ce grand temple bouddhiste complète le triangle sacré formé avec Toshogu et Futarasan-jinja. Fondé au VIIIe siècle par le moine Shodo Shonin, il appartient à l’école Tendai, une branche du bouddhisme qui met l’accent sur la coexistence harmonieuse de différentes pratiques, de la récitation de sutras à la méditation assise. Son bâtiment principal, la salle Sanbutsudo, abrite trois imposantes statues dorées représentant des manifestations bouddhiques des divinités montagnardes de Nikko. Leur taille et leur éclat créent une atmosphère solennelle, propice au recueillement silencieux.

Pour le visiteur, le temple Rinno-ji offre une parenthèse plus introspective dans un programme de visite parfois chargé. Vous pouvez vous installer quelques instants sur les bancs face aux statues, simplement observer votre respiration et laisser vos pensées s’apaiser. Certains jours, des sessions de méditation guidée ou de copie de sutras sont proposées, ouvertes aux débutants. Même si vous ne parlez pas japonais, la dimension gestuelle et rituelle de ces pratiques reste accessible et peut enrichir votre compréhension du bouddhisme japonais. En sortant, ne manquez pas le jardin de style japonais attenant au temple, dont les compositions de rochers, de mousses et d’érables rouges à l’automne prolongent cette expérience contemplative en plein air.

Merveilles naturelles du parc national nikko : écosystème forestier tempéré

Au-delà de ses sanctuaires, Nikko s’inscrit dans un vaste parc national qui protège un écosystème forestier tempéré parmi les plus remarquables du Japon. Alternance de forêts de cèdres, de hêtres, de marécages d’altitude et de rivières tumultueuses : la diversité des paysages tient presque de la mosaïque. Cette variété se traduit par une riche biodiversité, avec plus de 200 espèces d’oiseaux recensées et une faune emblématique comprenant cerfs, singes et, plus haut dans la montagne, ours noirs asiatiques. Pour le voyageur, cette nature préservée offre un contrepoint idéal à l’urbanité de Tokyo, accessible en seulement deux heures de train.

Chutes kegon : formation géologique basaltique et plateforme d’observation

Les chutes Kegon figurent parmi les trois plus belles cascades du Japon, et il est facile de comprendre leur renommée dès que l’on arrive au belvédère. Hautes de près de 100 mètres, elles se jettent le long d’une paroi basaltique sombre, vestige de l’ancienne activité volcanique du mont Nantai. L’eau qui les alimente provient directement du lac Chuzenji, ce qui explique leur débit relativement constant tout au long de l’année. En hiver, une partie du rideau d’eau gèle, créant un décor féérique de stalactites bleutées, tandis qu’en automne, les érables rouges et jaunes en arrière-plan transforment le site en tableau vivant.

Deux niveaux d’observation permettent d’apprécier les chutes sous des angles complémentaires. La plateforme supérieure, gratuite, offre une vue d’ensemble idéale pour les photos. En empruntant l’ascenseur payant, vous descendez au pied de la falaise, au plus près de la base de la cascade. Là, le grondement de l’eau devient presque physique, comme un tambour régulier qui résonne dans la poitrine. Pensez à emporter une veste imperméable ou au moins une protection pour votre appareil photo, car les embruns peuvent être importants par temps venteux. La visite complète, montée et descente comprises, demande environ une heure, ce qui en fait une étape facile à intégrer dans une journée à Nikko.

Lac chuzenji : origine volcanique et thermalisme de yumoto onsen

Niché à plus de 1 200 mètres d’altitude, le lac Chuzenji s’est formé il y a environ 20 000 ans lorsqu’une coulée de lave du mont Nantai a obstrué la vallée. Ce lac de cratère, le plus élevé du Japon, présente des eaux d’un bleu profond qui changent de nuance selon la lumière du jour. En été, les températures plus fraîches en font un refuge apprécié des habitants de Tokyo venus échapper à la chaleur. On peut y louer des barques ou simplement se promener le long de la rive nord, ponctuée de petits sanctuaires, de plages de galets et de jetées en bois.

Un peu plus loin, la station thermale de Yumoto Onsen exploite les sources chaudes issues de l’activité géothermique toujours présente en profondeur. Les bains publics et ryokan de la région proposent des bassins extérieurs (rotenburo) d’où l’on peut admirer les montagnes environnantes tout en profitant des bienfaits de l’eau soufrée. Après une journée de marche entre sanctuaires et sentiers forestiers, s’immerger dans un onsen de Nikko revient un peu à remettre les compteurs à zéro : muscles détendus, esprit apaisé, la fatigue s’évanouit comme la vapeur dans l’air frais du soir. Si votre timing le permet, intégrer un passage à Yumoto Onsen à votre excursion transforme votre journée à Nikko en véritable mini-séjour bien-être.

Sentier senjogahara : zone marécageuse protégée et observation ornithologique

Pour les amateurs de randonnée douce et de grands espaces, le plateau marécageux de Senjogahara constitue l’une des plus belles promenades du parc national de Nikko. Situé à environ 1 400 mètres d’altitude, ce marais d’environ 400 hectares est traversé par un réseau de passerelles en bois qui permettent de le parcourir sans abîmer la végétation fragile. Le nom Senjogahara signifie « plaine du champ de bataille », en référence à une ancienne légende selon laquelle des dieux se seraient affrontés ici sous forme d’animaux. Aujourd’hui, le seul combat qui se joue est celui de la conservation de ce milieu unique, classé zone protégée.

Le sentier principal relie les chutes Ryuzu à Yumoto Onsen en environ 2 à 3 heures de marche, avec très peu de dénivelé, ce qui le rend accessible à la plupart des voyageurs. Munissez-vous de jumelles si vous aimez l’ornithologie : hérons, pics et diverses espèces de passereaux fréquentent les lieux au printemps et en été. En automne, les herbes hautes et les bouleaux prennent des teintes dorées, créant un paysage presque nordique. Pensez néanmoins à vérifier les horaires des bus pour le retour vers Nikko, car la fréquence diminue en fin de journée, surtout hors saison. Une bonne organisation vous évitera de transformer votre balade contemplative en course contre la montre.

Pont sacré shinkyo : laque vermillon et technique de construction sans clous

Marquant l’entrée symbolique vers la zone sacrée de Nikko, le pont Shinkyo enjambe la rivière Daiya dans une élégante courbe vermillon. Classé trésor national, il illustre à la fois le raffinement technique et la dimension mythique des constructions religieuses japonaises. Selon la légende, le moine Shodo Shonin aurait traversé la rivière sur le dos de serpents géants envoyés par une divinité, créant ainsi le premier passage sacré. La structure actuelle, reconstruite à plusieurs reprises, utilise des assemblages traditionnels en bois sans clous apparents, renforcés par des ligatures et des chevilles invisibles.

La laque vermillon qui recouvre le pont n’est pas qu’un choix esthétique : elle protège le bois des intempéries et symbolise la pureté dans la tradition shinto. Aujourd’hui, l’accès direct au tablier est payant, mais beaucoup de visiteurs se contentent de l’admirer depuis le pont routier voisin, qui offre le meilleur point de vue pour les photos. Quel que soit votre choix, prenez le temps d’observer la manière dont le Shinkyo s’intègre au paysage : en contrebas, l’eau claire de la rivière contraste avec le rouge vif de la rambarde, tandis que les arbres de la vallée forment un écrin de verdure. En un seul regard, vous retrouvez la quintessence de Nikko : un dialogue constant entre architecture sacrée, artisanat raffiné et nature spectaculaire.

Gastronomie locale et spécialités culinaires de la région tochigi

Aucune journée à Nikko ne serait complète sans une découverte des spécialités culinaires de la région de Tochigi. Ici, la cuisine met à l’honneur les produits de montagne, l’eau pure des rivières et une longue tradition de tofu et de soba. Le plat emblématique reste sans doute le yuba, la fine pellicule qui se forme à la surface du lait de soja bouillant. Délicatement prélevée, puis roulée ou pliée, elle se déguste en sashimi avec un peu de sauce soja et de wasabi, frite en tempura croustillante, ou encore intégrée dans des soupes et des ragoûts. Sa texture à la fois ferme et fondante en fait une expérience gustative surprenante, même pour les voyageurs déjà familiers avec la cuisine japonaise.

Les nouilles soba de Nikko jouissent également d’une excellente réputation, grâce à la qualité du sarrasin local et à l’eau de source utilisée pour la pâte. Servies froides avec une sauce tsuyu en été ou en bouillon chaud en hiver, elles constituent un repas à la fois nourrissant et léger, idéal entre deux visites de sanctuaires. Pour accompagner votre repas, vous pouvez tester un saké de Tochigi, souvent caractérisé par une grande pureté aromatique, ou, pour une touche sucrée, un kakigori (glace pilée) préparé avec la glace naturelle stockée dans les glacières traditionnelles de la région.

Autour du pont Shinkyo et le long de l’avenue qui mène au Toshogu, de nombreux petits restaurants et échoppes proposent ces spécialités à des prix variables. Un bon compromis consiste à choisir un établissement fréquenté par les habitants, souvent un peu en retrait de la rue principale, où les menus du midi offrent un excellent rapport qualité-prix. Si votre emploi du temps est serré, vous pouvez aussi vous arrêter dans un conbini près de la gare et composer un pique-nique à emporter, que vous dégusterez plus tard au bord de la rivière ou près du lac Chuzenji. Quelle que soit l’option retenue, laissez-vous le temps de savourer ces produits locaux : ils font partie intégrante de l’expérience de voyage à Nikko, au même titre que les sanctuaires et les paysages.

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